Le Kazakhstan refusait toujours mardi soir d'autoriser le tir prévu mercredi depuis la base de Baïkonour d'un cargo de ravitaillement vers Mir, malgré la pression diplomatique de Moscou. Le patron de l'Agence spatiale russe (RKA), Iouri Koptev, avait dressé lundi un tableau dramatique de la situation, affirmant que Mir devrait être évacuée par son équipage franco-russe, et que la station de 140 tonnes pourrait retomber sur terre de façon incontrôlée au cas où le tir de ravitaillement serait annulé.

Mardi, des sources spatiales bien informées ont affirmé que M. Koptev avait en fait bluffé. La station, abandonnée à elle-même, resterait au moins jusqu'au début de l'an 2000 à une altitude suffisante pour y renvoyer sans problème un équipage. En France, le directeur adjoint du Centre national d'études spatiales (CNES), qui suit le vol du Français Jean-Pierre Haigneré, a affirmé pour sa part que son cosmonaute et ses deux collègues russes Victor Afanassiev et Sergueï Avdeïev avaient de l'eau et des vivres pour tenir jusqu'à la mi-septembre sans être ravitaillés.

Quoi qu'il en soit, les plus hautes autorités politiques russes ont tenté mardi de fléchir les dirigeants kazakhs, qui ont interdit tout lancement de Baïkonour depuis l'accident d'une fusée Proton (lire Le Temps du 5 juillet). Les médias russes accusaient, mardi, les Kazakhs de tirer profit de l'incident pour revoir en leur faveur les termes du contrat de location du cosmodrome de Baïkonour, loué par la Russie pour 115 millions de dollars par an depuis la chute de l'URSS. Mardi matin, le chef du gouvernement russe Sergueï Stepachine a lui-même téléphoné au président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, pour tenter une médiation. Par ailleurs, la Russie a dépêché mardi soir à Astana (la nouvelle capitale kazakhe) son vice-premier ministre chargé des questions militaires, Ilia Klebanov, accompagné du rusé Iouri Koptev, pour tenter de trouver un compromis.