«Fille/2004/Genève». Sur l’écran blanc, les mots obscurs. «J’ai un vide immense en moi et une tristesse inexplicable. […] La mort est une chose qui me passe souvent à l’esprit.» Derrière les maux, une jeune fille de 17 ans, anonyme, qui a pris son courage à deux mains pour déposer son mal-être sur Ciao.ch. Devant l’ordinateur, Anne Dechambre, la responsable du site, et sa stagiaire Menna Genoud. Ce matin-là, elles nous accueillent dans leurs bureaux au centre de Lausanne. Trois petites pièces vers lesquelles convergent les grandes questions des Suisses de 11 à 20 ans. «Quand un-e ado parle de la mort, nous orientons directement sa question vers l’unité de crise Malatavie. Nous ne sommes pas spécialistes, et les idées noires peuvent être des signaux». Anne Dechambre, infirmière et psychologue de formation, nous explique le «traitement» des messages.