Télévision

Dans les coulisses des vignes suisses

Le documentaire «Les Domaines du possible» plonge au cœur de nos vignes. Ses quatre épisodes suivent cinq viticulteurs pendant l’année qui précède la Fête des Vignerons

Un parachutage maîtrisé entre les pieds de vigne; d’un côté, le Léman, de l’autre, la montagne. Voilà l’ouverture du documentaire Une Année à la vigne – Les Domaines du possible, diffusé cette semaine sur la RTS, avant que la Fête des Vignerons ne s’impose dans le paysage estival. Basé sur les quatre saisons qui rythment l’année et le quotidien des viticulteurs, la démarche vise à retracer la préparation de ces derniers à l’événement, emmenant les téléspectateurs dans les coulisses du métier.

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Tour à tour sont explorées les problématiques liées à la transmission, notamment dans le canton de Genève, de Vaud et du Tessin où la succession est en marche. C’est une chose de le savoir, c’en est une autre de le vivre: la récolte d’une année est au gré des conditions climatiques, qui peuvent ruiner une saison, marquant les esprits de souvenirs amers. Quand le ciel s’obscurcit, le visage de Damien, vigneron à Lully (GE), aussi. Il ne se rappelle que trop bien l’année 2013, et le gel de 2017: un «cataclysme» pour lui, qui a perdu 80% du domaine cette année-là.

Dans le premier épisode, l’hiver arrive sur les vignes suisses. Damien se hâte de réparer les machines agricoles avant le printemps avec son père. Ce dernier ne l’avait pourtant pas encouragé à exercer ce métier: «Il faut faire attention de ne pas y laisser sa peau.» Etait-il prêt à subir la même angoisse? «On a toujours le regard vers le ciel, priant pour que les vignes restent intactes après l’orage menaçant», reprend-il.

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Dans le canton de Vaud, il est aussi question de transmission, même si le père de Basile, Pierre Monachon, confesse que ce n’est pas toujours simple de travailler en famille. Basile s’interroge: comment imprimer son style ou s’affirmer sans trahir la tradition?

Au Tessin, Valentina Tamborini vient de prendre les rênes des 70 hectares du domaine du même nom. Etre une femme dans un milieu encore très masculin n’est pas tous les jours facile.

Quant à Irène, elle se bat pour obtenir le label bio dans les Grisons, contre l’avis de ses enfants. Sa fille, Europa, se rappelle des conséquences de l’année 2016, qui a poussé les agriculteurs à bout, mais aussi à sulfater jusqu’à quinze fois en choisissant les traitements bios. Malgré les difficultés avec ses enfants, Irène est en paix avec l’avenir: elle a un successeur, «ça donne du sens à [son] métier». Consciente que beaucoup n’en ont pas, comme Marion, «l’âme de Beudon» selon ses amis, qui cherche quelqu’un pour reprendre ce qu’elle surnomme «son île céleste» située sur les hauteurs de Fully (VS).

On prend plaisir à suivre ces cinq protagonistes confrontés à la vie, aux épreuves. L’occasion aussi de redécouvrir des paysages qui font la Suisse à travers la perspective de la vigne. Un documentaire juteux en attendant de boire le cru 2018 en juillet.


Une Année à la vigne – Les Domaines du possible

Tous les vendredis, du 31 mai au 21 juin, à 20h10, sur RTS Un.

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