Dix-sept pour cent des personnes interrogées vivent dans un couple interconfessionnel chrétien. Seul 1,3% des ménages (1,7% en Suisse romande) comprend un partenaire non chrétien. La propension à se marier en dehors de sa communauté dépend du groupe auquel on appartient (voir tableau) et des circonstances. Un catholique ou un protestant a ainsi une chance sur deux de former un couple interconfessionnel s'il vit dans un contexte où il est minoritaire, et seulement une chance sur dix s'il fait partie de la majorité. Les immigrés de religion hindouiste et musulmane recourent moins au mariage mixte depuis que leurs communautés s'étoffent et leur offrent plus de possibilité de former des unions endogames.

Dans tous les cas, la question difficile – et révélatrice – est celle de la religion des enfants. Un couple mixte sur cinq et un couple interconfessionnel sur vingt optent pour l'attentisme. Leurs enfants viennent grossir les rangs des sans appartenance religieuse.

Les enfants dont un parent est catholique et l'autre protestant ont un peu plus de chance de se voir attribuer la seconde religion (52%) que la première (39%). Le choix de la mère a tendance à prédominer, surtout lorsqu'elle est protestante.

Parmi les parents musulmans vivant en couple mixte, ce sont les hommes qui parviennent le mieux à imposer leur religion (dans 26,8% des cas, contre 19,2% pour les femmes). Mais globalement, seul un enfant de couple mixte comprenant un musulman sur quatre est élevé dans l'islam. Les autres sont sans religion (23%) catholiques (24%) ou protestants (14%).