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Des lecteurs et lectrices témoignent sur leur rapport à l’alimentation pendant cette période de confinement à la suite de l’appel lancé dans nos pages et sur les réseaux sociaux.

Noyé dans 1001 recettes

Natalia & Rui, Genève (GE)

Depuis six semaines, malgré la fermeture de notre petit restaurant du coin favori, nous mangeons comme jamais auparavant. Nous nous alimentons littéralement comme des rois! Enfin nous avons le temps d’essayer toutes les recettes accumulées pendant des années, mais pour lesquelles nous n’avons jamais trouvé le bon moment. Au lieu de mijoter devant Netflix, nos soirées sont animées par des discussions et débats hauts en couleur et en goût.

Noyés dans 1001 recettes, ce n’est pas toujours facile de se mettre d’accord. Nous croisons les cuillères en bois et les tensions domestiques apparaissent. En tout cas une chose est sûre: dans un monde tellement moins sûr, et contrairement aux restrictions imposées par le gouvernement, ici, dans notre cuisine, rien n’est interdit! Nous essayons tout.

En commençant par le pain au levain «home made», qui fait la crêpe plutôt que des bulles, en passant par le poulet bourguignon – eh oui, ce jour-là, nous n’avions pas trouvé de bœuf – et en terminant par des desserts comme le «mango sticky rice», consommé finalement comme petit-déjeuner étant donné sa détente beaucoup plus longue que prévu dans notre cuiseur à vapeur.

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Et sinon, il y a toujours une alternative. Nous n’arrivons pas à trouver tous les ingrédients dans le supermarché? La queue est trop longue pour un simple aliment ou condiment manquant? Pas de problèmes, nous improvisons. Et trouvons toujours des solutions qui nous permettent de poursuivre notre voyage culinaire. Car le voyage, en vrai, se laisse encore désirer pour un moment.


Un cuisinier à domicile

Ann et Christian Christensen, Veyrier (GE)

Nous n’allons plus dans les grandes surfaces depuis un mois. D’abord par respect pour les caissiers et caissières surexposés. Ensuite pour soutenir les petits commerçants, dont les produits ne sont pas vraiment plus chers. Comme fleuriste je chôme un peu et mon mari est un ancien cuisinier. Alors pour ne pas se laisser abattre, il nous régale de somptueux plats élaborés au hasard des découvertes du marché.

Le matin, on part à vélo chez l’épicier de Troinex, adorable et efficace, et aussi à l’Union maraîchère, où vous déposez 25 francs et recevez en échange un sac surprise de 10 kg plein de légumes et de fruits. En face, il y a Lucas Poisson, on n’y fait pas non plus la queue. Enfin, pour les spécialités, on va chez Lysamir acheter des épices et des céréales orientales. Pas de queue là non plus. L’aspect inattendu fait tout le charme de la chose et si vous avez un cuisinier à domicile, le bonheur est garanti.

Lundi: gnocchis à la sauge sauce tomate. Mardi: chirashi de saumon, poireaux au gingembre, avocat. Mercredi: flammeküche et salade. Jeudi: lapin à la polenta. Vendredi: fondue au feu de bois dans le jardin. Samedi: fajitas au poulet et tortillas maison. Dimanche: scones frais au saut du lit – le cuisinier s’est levé avant les autres – et le soir, feuilles de vigne farcies maison.


Ressentir sa faim et sa satiété

Guy Anastaze, Genève (GE)

Coach de dirigeants, en surpoids depuis de nombreuses années, j’avais la fâcheuse – mais très agréable – habitude de manger très souvent au restaurant. Ma compagne, excellente cuisinière, étant confinée de l’autre côté de la frontière, j’ai réalisé que si je voulais manger autre chose que des œufs durs et un morceau de fromage à chaque repas, il fallait que je mette les mains à la pâte.

Les débuts furent laborieux. Mais grâce au site Marmiton et à l’application Lifesum, j’ai rapidement contrôlé la qualité et la quantité de mes préparations. Pendant la première semaine du confinement, la lecture du livre de la nutritionniste Maaike Kruseman Changer de poids, c’est changer de vie a opéré un second déclic. Parmi les 17 stratégies utilisées par ceux qui savent maintenir la perte de leur poids, il y en a deux qui sont fondamentales: ressentir sa faim et sa satiété. Ce que j’avais complètement ignoré, car je mangeais en faisant toujours quelque chose comme lire, parler, écouter ou faire un sudoku.

J’ai donc arrêté de faire autre chose que de manger lorsque je suis à table. Ces deux changements d’habitude m’ont apporté un sentiment d’autonomie face à la préparation des plats et de contrôle de mon alimentation. Je savoure ce que je mange, et – surprise totale! – je prends du plaisir à cuisiner, chose que je n’imaginais absolument pas il y a encore trois mois. L’un dans l’autre, j’ai perdu environ 4 kilos en cinq semaines. Et je suis bien décidé à chasser les 10 kilos restants.


Une chose reste inchangée

Nicolas Reichen

Depuis le confinement, ma famille a changé ses habitudes. Avant, nous ne faisions aucune planification et cuisinions en fonction de ce qui était dans le frigo. J’allais au supermarché ou à la ferme plusieurs fois par semaine. Dorénavant, je ne fais mes achats qu’une fois par semaine. Du coup nous préparons les menus et j’achète ce dont nous avons besoin pour les réaliser. Nous essayons également de manger de manière plus équilibrée, car je fais beaucoup moins de sport qu’avant. Par contre, une chose reste inchangée: les repas sont un temps privilégié pour notre famille.


Le masque d’un machisme ordinaire

François Burnand, Féchy (VD)

A 66 ans je suis un «jeune retraité» qui n’avait jusqu’à il y a un mois jamais vraiment arrêté de travailler sous mandat. Mais cette crise m’a permis de trouver une nouvelle cliente: ma femme. Après quarante ans de mariage, elle ne cesse de se plaindre que la «charge mentale» des choses de la maison repose sur ses seules épaules. Eh bien figurez-vous que je me suis mis à préparer, disons, un tiers des repas. Ce n’est pas encore la parité mais on progresse.

Du coup de nouvelles saveurs sont apparues sur notre table. D’une part, parce que je m’y prends à ma manière sans écouter ses conseils. Et d’autre part parce que je redécouvre le plaisir de la surprendre. Je mijote ou fais cuire doucement à la vapeur avant d’arroser les légumes d’un filet d’huile d’olive du domaine de l’Apocalypse à Patmos et de fleur de sel de Guérande. De délicieux légumes bios dont les commerces regorgent sans pénurie.

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Notre potager produit des fenouils primeurs, de la salade à tondre, ses premiers radis ou des oignons frais. Les dernières pommes, qui ont passé l’hiver à la cave, ont été coupées en lamelles et passées au micro-ondes avec une noix de beurre salé, du jus de citron et un voile de cassonade. Un dessert à se damner. Nous avons aussi fait ensemble des bocaux de pesto à l’ail des ours qui agrémenteront nos spaghettis tout l’hiver prochain. Depuis quelques jours, nous faisons également des glaces à la fraise en ajoutant un peu de confiture de mûres maison pour la couleur. Cerise sur le gâteau nous n’avons pas pris un gramme de poids en plus sur la balance.

C’est pas beau, la retraite, quand un virus vous oblige à dévoiler ce que vous avez comme potentiel, resté longtemps caché derrière le masque d’un machisme ordinaire? Et qui n’est en fin de compte que le reflet d’une bonne dose de flemme.


Le plein de vitamine C et de bonheur

Sophie Agata Ambroise, Lugano (TI)

Depuis début mars, au Tessin, les choses ont commencé à changer. Alors j’ai pensé que la première chose à faire était de renforcer son propre système immunitaire afin d’affronter au mieux, ou cohabiter avec, ce virus. Depuis, je me lève un quart d’heure avant tout le monde et je prépare un jus de fruits et de légumes avec un extracteur. Citron, curcuma et gingembre sont les ingrédients de base puis, chaque jour, je varie. Un jour, cela peut être une betterave orange et des carottes. Un autre, des orties, des fèves et du fenouil. J’agrémente le tout en fonction de nos premières pousses. Toute la famille commence la journée par ce rituel, y compris la grand-mère de 86 ans à qui nous portons un verre à l’étage supérieur. Nous faisons le plein de vitamine C et de bonheur!

Nous avons la joie d’avoir un jardin, dont un bout a été défriché pour agrandir le potager et préparer une bonne terre. Et dans la petite serre: des semis en tous genres. Récemment, j’ai mis les premiers plants de courgettes en terre. Je teste différentes variétés afin de mieux affronter les aléas climatiques. J’ai fait don de quelques plants à mon voisin de 70 ans, de l’autre côté du grillage. Seuls quelques petits producteurs sont ouverts et ils sont loin des villes, pour une personne âgée contrainte au confinement… Donc cette année je sème des graines à tout vent et un peu pour tout le monde.

Passer beaucoup de temps à la maison équivaut à cuisiner pour tout le monde, deux fois par jour. Entre deux appels Skype, on règle le four, on épluche les légumes, on surveille au mieux. Les cuissons lentes sont à l’honneur! On a le temps de voir mijoter le plat des heures durant: un bon pot-au-feu ou un gigot d’agneau au thym du Val Malvaglia mitonné à 100 degrés pendant trois heures – un vrai délice! Et puis on s’est remis à faire des gâteaux pour les quatre-heures, le pain, plus régulièrement, ce qui fait dire au père de ma fille que la maison sent tellement bon ces derniers temps.


Les recettes de Maman et de Mémé retrouvées

Michèle Biollay, Dorénaz (VS)

J’ai longtemps pensé que, dans une vie antérieure, j’avais dû être une princesse, car les tâches ménagères ne sont pas ma tasse de thé! En me creusant la tête pour varier les repas, en ressortant du placard des denrées plus ou moins oubliées et périmées – quoique tout à fait comestibles – en me contentant de ce qui est disponible – et livré à domicile avec tant de gentillesse – au petit magasin du village, je ne me reconnais plus.

Du fond de la cave, des bocaux de cardons genevois m’ont fait un signe désespéré, délaissés depuis plusieurs Noëls non fêtés en famille. Eh bien, même par un printemps caniculaire, le gratin était délicieux – avec bien de la crème, hein Maman. J’ai essayé et réussi du pain fait maison – excellent, la recette de Maman retrouvée. Du coup, au goûter, c’est pain et chocolat! Retour en enfance…

Là, j’ai compris! J’ai surtout été la princesse d’une maman, magnifique cuisinière, qui a épargné à sa progéniture les tracas domestiques. Alors, d’autres premières sont sorties de mon four: des biscuits – recette de Mémé – toutes sortes de gratins, un soufflé au fromage – Betty Bossi… Non seulement j’ai du temps pour la préparation et la durée de cuisson requise, mais, dès que c’est prêt, nous mangeons sans autre horaire que ne pas manquer le Téléjournal.

Depuis plus de quarante ans, je cuisine de bon cœur – oui, oui - soucieuse d’une nourriture équilibrée, grâce à la marmite à vapeur, rapide et pratique, un peu en coup de vent. Et depuis plus de quarante ans, mon compagnon de vie me remercie pour chaque repas. Ces dernières semaines, je savoure tout ça avec plus de conscience et… de plaisir.


L’Idée parfaite

Ariane Poussière

Nous sommes une famille de quatre personnes avec deux ados, fille et garçon de 15 et 20 ans, dans un quatre-pièces genevois. Et en télétravail. Dès le mardi 17 mars, quand mes enfants sont venus me demander «quand est-ce qu’on mange?», je me suis dit que ça n’allait pas être possible et j’ai eu L’Idée!

Nous faisons à manger et la vaisselle à tour de rôle: un jour puis trois jours de congé. La liste des courses doit être faite en avance et je me charge des courses avec mon mari. Ça marche et c’est parfait! Même si certaines recettes sont étranges ou d’autres expérimentées avec audace, au moins on mange ensemble.


Renouer avec un commerce de proximité

Christophe Nançoz, Bournens, (VD)

Chez nous, nous avons toujours des réserves. Je suis de ceux qui font des provisions, lors des actions, mais aussi lors de nos voyages. Je n’ai donc pas pris peur de suite lors de la fermeture des magasins. Le premier week-end est festif: bourguignonne de bœuf et ses sauces maison aux herbes du jardin pour le samedi et pour le dimanche… Je me remets à faire du pain, au cas où.

La première semaine, les menus se créent au fur et à mesure des envies, avec plus de temps, car je suis en congé forcé. Le repas de midi du lundi devient la première étape d’une longue suite de menus gastronomiques. Sauf pour le samedi, jour de mon anniversaire, ce sera ris de veau aux morilles et purée cette année, comme au restaurant! Il y a une semaine, je tente un émincé de porc aux épices ramenées de Thaïlande. Heureusement, il nous reste encore deux paquets que nous gardons pour les jours où nous souhaiterons voyager, au cas où.

Lorsque le stock de légumes, de fruits et de farine est venu à diminuer drastiquement, direction la ferme du coin. Nous allions déjà faire le marché une fois par mois environ pour y trouver des légumes et fruits de saison. Le système a juste changé: c’est le paysan lui-même qui vient livrer à domicile, car les marchés lui ont été interdits, au cas où.

Je me dis que cette période nous aura permis de renouer avec un commerce de proximité qu’il nous faudra absolument conserver post-confinement. Un changement de paradigme dans une société de consommation qui, pour une fois, va décroître et se diriger vers l’essentiel. Je vous laisse, je dois sortir mon pain du four. Cinq cents grammes de farine, levure, 1,5 cuillère à café de sel, une de sucre, laissez lever une nuit puis enfournez à 235 degrés durant 35 minutes, au cas où.


De plus en plus gourmands

Margie et Francis Magnin, Genève (GE)

Il y a une dizaine d’années, suite à une longue période de chômage, je me suis rendu compte que mon épouse faisait la cuisine plutôt «par obligation», après le départ de nos enfants qui sont devenus indépendants. Attention: elle faisait cela très bien et c’était excellent. Je lui ai proposé de prendre en main cette activité ménagère. Depuis dix ans, je fais – et avec plaisir – les achats, la cuisine et la vaisselle.

Mon épouse se charge du ménage et du lavage de nos vêtements – chez nous il n’y a pas de repassage. Elle s’occupe aussi avec bonheur de notre petit jardin au milieu des immeubles du centre-ville. Je dois dire que cuisiner me procure un réel plaisir et je suis sans arrêt à la recherche de nouvelles recettes. Avec mon épouse adorée, depuis 48 ans de mariage – le 26.5.20 – nous décidons ensemble de ce que j’aimerais cuisiner. Pas toujours… car j’aime aussi lui faire des surprises.

Comme je ne suis pas un professionnel, il y a parfois des ratés. Le «pas trop salé», cela ne risque pas, car nous n’aimons pas manger salé, mais parfois trop épicé! Nous préférons saler les plats dans nos assiettes. Lorsqu’il y a un problème, il faut parfois rincer les légumes ou le riz cuisiné pour ôter un excès de gingembre, de poivre, de curcuma ou de ras el-hanout. Mais dans l’ensemble, tout se passe bien et nous sommes devenus de plus en plus gourmands.

Nous faisons une liste et une fois par semaine l’un de nous se dévoue pour aller au magasin faire les emplettes. Je tiens aussi une liste de tous nos achats avec les dates de péremption pour éviter des achats inutiles et du gaspillage. Je ne lésine pas sur les achats, si possible bio, et je préfère acheter de la bonne viande genevoise chez un boucher carougeois, quitte à marcher un peu plus longtemps pour aller dans sa boutique.

L’ouverture des marchés de Plainpalais nous ravit et mon épouse revient parfois à vélo avec son sac à dos plein de légumes et de fruits. Je fréquente depuis une semaine les petits marchands du quartier et j’ai trouvé des bouteilles de vin genevois au même prix que celui des grandes surfaces. Et sans attente!

Ce matin, j’ai fait une marmite de légumes coupés en julienne et juste cuits avec un bouillon, le tout servi arrosé d’un petit jus de citron et d’huile d’olive – un délice! J’ai récupéré le bouillon et nous l’avons bu en entrée. Hier, c’était «choucroute», car suite à une opération dentaire, je ne pouvais pas croquer. J’avais donc cuit le matin une palette de porc avant d’aller me faire arracher ma dernière dent de sagesse – il semble que je ne les mérite plus. Puis en rentrant, j’ai cuit encore quelques pommes de terre farineuses et réchauffé un paquet de choucroute bio cuite avec adjonction de quelques baies de genièvre. J’ai conservé le jus de cuisson de la palette pour en ajouter un peu dans la choucroute et j’ai ajouté deux saucisses de Vienne. Pour les prochains jours, je prévois de cuisiner un morceau de selle d’agneau avec une petite ratatouille.

Mon épouse et moi, nous supportons ce confinement en faisant de la gym tous les matins, puis de la musique. Pour mon épouse, c’est piano et leçons d’anglais sur internet. Et pour moi, c’est guitare classique, chant, ainsi qu’un tableau d’aquarelle chaque semaine. Nous partons deux jours par semaine faire un petit tour à vélo dans la campagne genevoise ou vaudoise, dans les 40 ou 50 kilomètres. Ces rituels nous assurent une régularité, un équilibre et une assurance de bien-être. La cuisine et surtout manger sainement s’ajoutent encore à ces habitudes. Toutefois, le contact avec les autres nous manque.


Le confinement nous a rapprochés

Fulvio Honegger, Founex (VD)

Nous sommes trois: moi, mon épouse et notre fille, jeune adulte. Le confinement a bouleversé nos habitudes. Nous avons repensé la façon de faire les courses, notamment en ligne. Au niveau de la cuisine, avec ma fille, nous avons voulu essayer de faire du levain. Après quelques tentatives compliquées, nous avons maintenant un magnifique levain avec lequel je fais du pain paysan, des baguettes, de la focaccia, des petits pains, etc.

A part le levain je m’amuse à préparer des croissants, des tartes, des cakes et des gâteaux pour la famille. On utilise aussi le service Hello Fresh, qui nous livre trois repas par semaine à préparer soi-même. On fait cela tous ensemble et on aime bien découvrir ainsi de nouveaux plats, parfois un peu exotiques. Donc je dirais que le confinement nous a rapprochés et que la cuisine reste un plaisir.


J’étais seule à midi

Caroline Vinzio-James de Corsier, Genève (GE)

Famille de quatre avec deux enfants adultes étudiants et confinée depuis le 13 mars, les repas sont devenus le centre de l’attention. La question «qu’est-ce qu’on mange aujourd’hui?» rythme les journées désormais. Nouvelle mission: remplir le frigo pour couvrir tous les repas de quatre personnes une fois par semaine. Un vrai challenge, alors que jusqu’à présent j’étais seule à midi. Mari et enfants mangeaient généralement à l’extérieur.

Mon fils se rend compte qu’il se nourrit plus sainement, mais le fast-food avec ses amis lui manque, alors je fais quelques concessions! Ma fille fait des pâtisseries qu’elle livre dans les boîtes aux lettres de ses amis, témoignage de son amitié malgré la distance qui s’est imposée. Les repas sont devenus les moments clés qui rythment les journées et qui permettent aussi de sonder l’humeur de chacun.

Le budget courses à triplé et j’achète plus souvent des aliments chez des producteurs locaux. Je prévois aussi désormais un pique-nique quotidien pour mon mari, qui travaille à l’extérieur. Le Covid-19 a résolument bouleversé nos habitudes de consommation alimentaire et, bien que j’aie toujours apprécié cuisiner pour ma famille, je me réjouis aussi de le faire moins, de pouvoir faire des courses dans un environnement moins anxiogène et par plus petites quantités. Enfin, mon père dit toujours qu’il est préférable de vivre pour manger plutôt que de manger pour vivre. Le plaisir que nous avons pour la bonne chère se confirme actuellement.

Je commence chacune de mes journées par vous lire avec mon café, un plaisir non négligeable, qui rythme aussi désormais mes journées.


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