Débarqué de la firme Celera Genomics, le chercheur Craig Venter, qui est à l'origine du projet privé de séquençage du génome humain, a de nouvelles ambitions. Son rêve, après le décryptage de l'information génétique d'êtres existants, c'est de créer de toutes pièces un micro-organisme viable à partir du plus petit nombre possible de gènes. L'Institut pour des alternatives énergétiques biologiques*, que le remuant scientifique a créé à Rockville, a annoncé hier avoir reçu 3 millions de dollars du département américain de l'énergie, afin de lancer ce projet. Craig Venter s'est associé pour cela avec le Prix Nobel Hamilton Smith.

S'inspirer de la vie existante

Le Washington Post, qui a révélé l'information avec un jour d'avance, annonce que les chercheurs vont «créer une nouvelle forme de vie». Dans un premier temps, il s'agit plutôt de s'inspirer de la vie existante. Avant de se lancer dans le décryptage du génome humain, Craig Venter s'était déjà intéressé à l'un des micro-organismes les plus simples qui soient, Mycoplasma genitalium. Cette bactérie des voies génitales parvient à vivre et à se reproduire avec 517 gènes. Fin 1999, Craig Venter et Hamilton Smith affirmaient dans la revue Science que seuls 265 à 300 de ces gènes sont absolument indispensables à la vie de cette bactérie en laboratoire.

Les chercheurs comptent donc réduire le bagage génétique de M. genitalium à son strict minimum. A terme, ils espèrent pouvoir assembler gène par gène un génome viable mais ultraréduit. Les scientifiques se disent conscients des risques potentiels de l'entreprise, même si les bactéries minimalistes seront privées des gènes leur permettant de survivre hors du laboratoire. Craig Venter a demandé à des experts indépendants d'émettre un avis éthique, et affirme sa volonté d'informer le public sur le déroulement des travaux. Il s'agit de recherche fondamentale, mais Craig Venter rêve d'utiliser à terme des micro-organismes comme source d'énergie.

http://www.bioenergyalts.org