Des études élaborées par la Banque interaméricaine de développement (BID) démontrent que sur 100 000 Latino-Américains, 23 sont assassinés par année, soit deux fois plus que la moyenne mondiale. La Colombie et le Brésil prennent la tête du classement: respectivement 70,9 et 29,2 homicides pour 100 000 habitants.

La BID a voulu connaître les coûts supplémentaires résultant du regain de violence. Au Brésil, le gouvernement y consacre 10,5% du Produit intérieur brut (PIB), au Mexique, 12,3%, en Colombie, 25%.

La violence fait aussi des heureux: les commerçants et les entreprises de gardiennage. A Buenos Aires, les habitants ont dépensé un milliard de francs pour se protéger des bandits. Dans l'Etat de São Paulo, les 300 entreprises de sécurité privée emploient 120 000 personnes et ont dégagé un chiffre d'affaires de 1,5 milliard de francs en 1998. La société Pires propose des cours de prévention auxquels se sont inscrites 50 000 personnes. «Nos clients sont mis en situation réelle, relate Eduardo Guilherme Abu, chargé du marketing. Nous leur apprenons comment réagir en cas d'enlèvement…»

Plus de 7000 Brésiliens ont déjà fait doter leur voiture de vitres résistant aux coups de feu. Cette année, 3500 autres habitants devraient faire de même. «Le Brésil est devenu le plus important marché du monde de voitures blindées», explique Angela Kurita, directeur d'American Glass Products, une compagnie dont le siège se trouve aux Etats-Unis mais qui produit des vitres spéciales en Amérique du Sud. Le blindage est tellement à la mode que dans les dîners en ville on entend souvent dire: «Avez-vous fait équiper votre voiture?» Y. Le H.