Depuis le début de l'année, les Vaudois accèdent gratuitement sur Internet à une carte très détaillée du canton (www.geoplanet.vd.ch) en choisissant l'échelle entre le 100 000e et le 10 000e. Dans quelques semaines, ils pourront même afficher sur leur écran des orthophotos (photographies aériennes redressées) au 5000e qui permettent de distinguer chaque maison et même la pataugeoire du jardin.

Dans le courant de l'année, le site offrira au grand public les plans cadastraux, les zones d'affectation, les secteurs de protection des eaux, les bâtiments inscrits à l'inventaire fédéral ou cantonal, les zones de bruit et toutes sortes d'informations d'utilité publique comme l'emplacement des bureaux de poste, écoles, banques, etc. La liste des «couches» que l'on peut ajouter à la carte de base est pratiquement illimitée.

L'internaute curieux se contentera d'une balade virtuelle ou de consulter les mises à l'enquête de sa commune. Simple fenêtre d'observation? Pour le citoyen de base, peut-être. Mais pour tous ceux qui sont liés peu ou prou à la construction et à l'aménagement du territoire, cette fenêtre s'ouvre sur une ère totalement nouvelle dans leurs rapports avec l'administration.

Communication interactive

Prenons le cas d'un architecte. Jusqu'ici, il déposait sa demande de permis de construire dans la commune concernée et attendait sagement que les formulaires aient fait le tour de tous les services cantonaux concernés. Quitte à recevoir après coup un document complémentaire qu'il avait oublié de joindre à sa demande initiale… La centrale des autorisations de construire (CAMAC) fonctionnait largement comme une boîte noire où chaque acteur ignorait souvent ce que faisait le voisin.

Désormais, le même architecte nanti d'un simple mot de passe écrit directement sur une «page» Internet de la CAMAC toutes les informations de base concernant son projet. Il a oublié, par exemple, que telle autorisation fédérale était nécessaire dans ce cas précis? Pas de problème, un programme automatique le lui signale.

Les formulaires ont été uniformisés et simplifiés de manière à respecter une démarche plus intuitive. Une fois qu'il les a remplis, le professionnel peut suivre leur progression dans les différents services concernés et trouver le numéro de téléphone de chaque fonctionnaire compétent d'un clic de souris.

Une petite révolution. La CAMAC traite actuellement 4000 dossiers par an avec 7,4 postes. Cette percée de la cyberadministration, précédée par un travail de bénédictin pour coordonner les services, est une première en Suisse romande.