C’est l’histoire d’un très gros mot qui grâce aux valeurs apaisantes du dialecte a perdu sa connotation injurieuse.

Füdli est le petit nom sympa donné au postérieur. Mais cela n’a pas été toujours le cas.

Füdli vient de Fudloch, expression ancienne très grossière désignant le sexe de la femme, dont une moitié, Fud, a passé dans Fotze, injure particulièrement grave dirigée contre une femme, qui a encore cours. Mais le Füdli lui s’est assagi.

D’abord, anatomiquement, il y a eu un déplacement vers l’arrière. Le terme désigne le fessier. Et il s’applique désormais aussi bien aux hommes qu’aux femmes.

Mais l’effet du diminutif surtout est intéressant. Il a complètement neutralisé le nom, qui a perdu toute grossièreté. On peut en parler sans rougir dans n’importe quelle situation.

Et on ne s’en prive pas, dans des combinaisons fort ludiques. En été, quoi de plus naturel pour les enfants que de gambader füdliblutt, tout nus (nu = blutt). C’est la saison aussi pour avancer en bougeant les hanches: umefüdele.

Le mouvement de chaloupage doit se retrouver dans l’intonation: accent secondaire sur la première lettre, «ou», puis accent principal sur le «fü», avec entrée en collision du «d» et «l» suivants.

Quant aux Füdlibürger, ce ne sont pas comme veulent le faire croire des mauvaises langues allemandes une variété de hamburger à la suisse, mais des gens à l’horizon un peu étroit, parce qu’ils sont restés les fesses collées à leur lieu d’origine.

D’où l’utilité de l’expression: s’Füdli lupfe, littéralement soulever les fesses, autrement dit: bouge-toi un peu!