Les opérateurs télécoms japonais ont vécu un véritable cauchemar en 2001, année du lancement de l'UMTS (FOMA) dans l'Archipel. Avec des ados accros aux nouvelles technologies, une passion pour les gadgets et un taux de pénétration d'Internet à domicile très faible, le succès de l'UMTS semblait programmé. Il n'en fut rien. Dix-sept mois après son lancement, FOMA ne comptait que 320 000 abonnés. Téléphones trop volumineux, batteries à l'autonomie ridicule, couverture du territoire lacunaire: l'échec était cuisant.

Fabricants et opérateurs ont donc réagi. Le dernier téléphone de NEC ne pèse ainsi que 115 g et permet de parler non-stop durant 140 minutes. Les portables sont devenus performants, et les services FOMA se sont multipliés. Du coup, les ventes ont bondi: de février à mars 2004, le nombre d'utilisateurs est passé de 2 à 3 millions. Le second opérateur nippon, KDDI, affirme que 13,5 de ses 17 millions d'abonnés utilisent aujourd'hui FOMA. Ils s'envoient des vidéos, téléchargent des clips, et surtout des chansons en karaoké. Les conversations par vidéo ne sont par contre pas populaires, mais les opérateurs ont eu l'intelligence de proposer des packs voix + données plus attractifs que ceux disponibles pour la téléphonie classique. En Corée du Sud, le récent succès foudroyant de l'UMTS a stimulé l'imagination des fournisseurs de services. Les automobilistes peuvent ainsi consulter en temps réel sur leur téléphone l'état du trafic grâce à des caméras.

Quinze millions de personnes utilisent des réseaux UMTS via 45 réseaux présents dans 29 pays, principalement en Asie, mais aussi en Europe. L'opérateur de Hongkong Hutchison a été le premier à introduire ce service en 2003 en Grande-Bretagne, en Italie et en Autriche. Mais là aussi, des téléphones peu pratiques, puis l'impossibilité d'effectuer des appels vidéo avec des clients d'autres opérateurs ont freiné son développement. Malgré le lancement de nouveaux téléphones par Hutchison et l'arrivée en force de Vodafone et d'autres opérateurs sur ce marché, les ventes de téléphones UMTS ne devraient pas décoller avant 2006. Pendant ce temps, les Japonais développent la «4G», qui permettra de transférer des données à 300 Mo par seconde, pour recevoir la télévision en haute définition sur son téléphone. Mais pas avant… 2010.