Le test est simple. Si vous parvenez à prononcer cette incantation – «Ph’nglui mglw’nafh Chtulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn» – sans broncher des sourcils, avec pourtant un tremblement dans la voix, c’est que vous en êtes. Un quoi? Au pire un adorateur de Chtulhu, un dieu exterminateur à tête de poulpe, plus certainement un amateur des écrits horrifiques de H. P. Lovecraft (1890-1937), qui a créé sa propre cosmogonie, cohérente, monstrueuse.

Villes imaginaires, familles maudites, livres qui rendent fou, créatures multidimensionnelles… Beaucoup s’en sont inspirés et ont nourri le «mythe»: jeux de rôle, films, romans des continuateurs – comme Stephen King… Et des jeux de société, dont Le signe des Anciens, qui vient de paraître en français chez Edge, après une version américaine et une sortie en application sous le nom de Elder Sign: Omens (avec seulement deux dieux et moins d’éléments). Du physique au virtuel, l’univers ludique est devenu celui du passage souvent réussi. La preuve.

Version simplifiée et plus efficace du jeu Horreur à Arkham, cette nouvelle déclinaison a pour objectif de collaborer afin d’empêcher un dieu d’apparaître sur terre – et de la détruire. Il faut ainsi réussir des combinaisons de dés pour «nettoyer» les salles d’un musée pris d’assaut par les forces obscures et fermer le portail. Le défi est alors de «gérer» les jets de dés. Qui, c’est bien connu, n’aboliront jamais le hasard.

«Le signe des Anciens», de ­Richard Launius et Kevin Wilson, 1-8 joueurs, dès 14 ans. Edge, environ 45 francs dans les magasins spécialisés.