C'est une véritable surprise, alors que l'on sait les Suisses assez réticents dans le domaine du don d'organes: les demandes de cartes de donneur ont explosé depuis vendredi, jour du décès de la transplantée du cœur de Zurich.

Tout se passe comme si le public avait fait la part des informations qu'il a abondamment reçues, ne retenant que le manque d'organes à greffer en Suisse. Et sans se laisser arrêter par le risque, toujours présent, d'une erreur fatale.

A Genève, au siège de la fondation Swisstransplant, Monique Carigi n'en revient pas: «Depuis la fin de la semaine passée, nous recevons chaque jour 300 à 400 demandes de cartes de donneur et d'informations.» Un record si l'on pense qu'après une campagne comme celle de la journée nationale de la transplantation, qui a lieu chaque année en septembre, ces demandes se montent à 50-100 par jour. Mêmes chiffres lorsque le magazine d'information de la télévision alémanique 10 vor 10 diffusait ses émissions sur Rosmarie Voser, la Zurichoise en attente d'un cœur.

Réactions immédiates grâce à la médiatisation du cas

«Les gens sont très sensibles à la médiatisation de la problématique du don d'organes, remarque Monique Carigi. Ils réagissent immédiatement à un article ou à une émission sur le sujet. Leur intérêt est aussi prompt à s'éteindre. Dans les périodes «calmes», nous recevons 1-5 demandes par jour.»

C'est la raison pour laquelle l'Hôpital de Zurich avait collaboré à 10 vor10, émission enregistrant un fort Audimat. On pourrait aussi penser qu'il s'agissait d'attirer l'attention sur le centre de transplantation cardiaque zurichois, même s'il doit fermer prochainement, en raison de rivalités qui l'opposeraient à Berne. «Le but de l'Hôpital de Zurich était de faire comprendre au plus grand nombre de personnes possible ce que cela signifie d'être en attente d'un organe. Et cela n'a rien à voir avec la réorganisation à venir. La patiente elle-même tenait à témoigner», analyse Monique Carigi.

Les chiffres montrent que ce témoignage a porté. Quant à la réorganisation des centres de transplantation, elle est en cours. Les six centres actuels – Vaud, Genève, Zurich, Berne, Saint-Gall et Bâle – devraient être maintenus, mais se concentrer sur un pôle d'excellence. A l'image de ce qui s'est passé en Suisse romande avec une répartition des transplantations cardiaques à Lausanne et hépatiques à Genève.