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Démission de la majorité des rédacteurs en chef du «Monde»

Sept rédacteurs en chef ont donné collectivement leur démission, arguant d’une absence de confiance et de communication avec la rédaction en chef. En cause, une restructuration interne

Plusieurs rédacteurs en chef du quotidien français Le Monde ont démissionné en bloc de leurs fonctions mardi au terme de mois de désaccords avec la direction du journal sur la réorganisation de la rédaction.

«Une absence de confiance et de communication avec la direction de la rédaction nous empêche de remplir nos rôles à la rédaction en chef», ont écrit sept rédacteurs en chef ou rédacteurs en chef adjoints dans un message interne adressé à Natalie Nougayrède, la directrice du Monde, et à Louis Dreyfus, le président du directoire du quotidien.

Les désaccords ne sont ni nouveaux ni rares au Monde, où de fortes tensions ont accompagné l’annonce d’une restructuration interne ces derniers mois, qui aurait attribué un poids plus grand aux équipes web qu’aujourd’hui. Cette réattribution de forces, qui touche un peu moins de 60 personnes, passerait aussi par le non-renouvellement de contrats à durée déterminée (CDD), dont plusieurs arrivent à échéance sous peu. C’est cette question de la mobilité rédactionnelle qui a poussé plusieurs rédacteurs en chef à entamer un bras de fer avec la direction. Celle-ci aurait fort peu apprécié de lire sur le site de Mediapart ce week-end un article faisant état de ces tensions (article réservé aux abonnés).

Plusieurs rédacteurs en chef avaient déjà menacé l’automne dernier de démissionner, et selon Mediapart, un rapport du cabinet Technologia, spécialisé dans l’évaluation et la prévention des risques professionnels, a récemment dressé un constat sévère de la situation au Monde, évoquant entre autres une «direction de la rédaction qui ne donne pas de réponses claires», «le sentiment d’une organisation à bout de souffle», une direction qui «navigue à vue»… Désaccord sur la nouvelle formule du quotidien print, prévue normalement ce printemps mais finalement repoussée à l’automne, désaccord autour du projet de quotidien sur tablette, refusé par l’un des trois actionnaires du Monde, Xavier Niel… Libération explique que lors d’une réunion dimanche, Natalie Nougayrède a traité de «putschistes» les rédacteurs en chef qui menaçaient de démissionner.

La démission collective de ces sept rédacteurs en chef ouvre une nouvelle période de crise au quotidien.

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