C'est un accident rarissime qui a eu lieu hier après-midi à Paris. Le premier wagon d'une rame de métro s'est renversé sur la voie opposée, faisant vingt-quatre blessés. Quarante-deux autres personnes ayant subi un choc psychologique ont été réconfortées sur place par des médecins spécialisés dans ce genre d'événements.

L'accident a eu lieu vers 13 h 25, à la station Notre-Dame-de-Lorette dans le IX arrondissement, sur une ligne qui dessert plusieurs sites touristiques du nord de la capitale, comme Montmartre. La rame a déraillé en entrant dans la station, après une courbe légèrement en pente et alors qu'une autre rame arrivait en sens inverse, mais il n'y a pas eu de collision.

Immédiatement, le plan rouge a été déclenché, mobilisant l'ensemble des moyens de secours de la capitale. Cent septante et un pompiers et une centaine de policiers ont été dépêchés sur place. La ligne de métro a bien entendu été fermée et un périmètre de sécurité installé en surface autour de la station. Les blessés ont été évacués sur des brancards. Le préfet de police Philippe Massoni et le nouveau ministre de l'Intérieur, Daniel Vaillant, se sont immédiatement rendus sur les lieux.

On ignore encore les causes exactes de l'accident. La station étant située dans une courbe, il est possible qu'il soit dû à une faute de conduite liée à la vitesse excessive de la voiture de tête. Selon un touriste britannique passager de la rame accidentée, interviewé par la radio France-Info, «le train a pris de la vitesse, il allait très vite, toujours plus vite, c'était effrayant. Nous étions secoués dans le train et puis il y a eu un bruit strident quand le train est arrivé à un tournant avant la station. A ce moment-là, il y a eu un arrêt brutal car la voiture de tête venait de quitter les rails.»

L'enregistreur de vitesse a été remis aux services de police pour une analyse actuellement en cours, a annoncé la direction de la Régie autonome des transports parisiens (RATP), au cours d'une conférence de presse qui s'est tenue hier après-midi. Mais l'accident a pu aussi être causé par l'état de la voie ou une défaillance mécanique. Selon la RATP, la voiture qui s'est couchée sur la voie date de 1972. Le conducteur, qui avait pris son service aux alentours de midi, était expérimenté et connaissait cette ligne. Il n'a pas été possible de déterminer s'il roulait en pilotage manuel ou automatique, ce qui est primordial pour analyser son éventuel degré de responsabilité.

Une enquête interne a été ouverte. Le Parquet de Paris a également ouvert une information judiciaire contre X pour «blessures involontaires». En outre, à la demande du ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, une enquête administrative et technique est en cours à la Direction régionale de l'équipement d'Ile-de-France.

Les responsables des secours ont souligné leur soulagement devant le bilan finalement limité de l'accident. Aucun des blessés n'a été grièvement touché, la plupart ne souffrant que de blessures aux membres inférieurs. Depuis que le métro parisien existe, soit depuis exactement cent ans, c'est la première fois qu'un tel accident se produit.