C’est un dessin fait par une fille de Raqqa en Syrie. Couleurs bleues, jaunes, vertes et roses. Un soleil haut dans le ciel. Ce noir aussi: les drapeaux de l’Etat islamique. Un cercle représente la place centrale où ont lieu les exécutions. L’enfant figure les têtes coupées accrochées à des pics. Sur une voiture, il est écrit en arabe «police des mœurs». On voit des femmes totalement couvertes, un corps au sol. Un dessin naïf par ses traits, d’un réalisme brutal par sa signification: la scène d’épouvante dont la fille de 12 ans fut témoin. C’est l’une des 160 œuvres qui composent l’exposition Déflagrations. Dessins des enfants de la guerre, du premier conflit mondial à ceux de nos jours, Irak, Syrie, Libye, République démocratique du Congo, Darfour, etc. «Et c’est maintenant au tour des enfants ukrainiens», se désole Zérane S. Girardeau, la commissaire de cette exposition.