Digitale attitude

Ces si désuètes alertes terroristes sur smartphones

Un avis de recherche envoyé sur les mobiles aurait facilité l’arrestation du suspect dans le récent attentat à la bombe à New York. Mais cette technologie paraît bien primaire. Alors, quid de Facebook?

Lundi dernier, un avis de recherche a été envoyé par les autorités sur les téléphones portables de millions de New-Yorkais, concernant un suspect dans l’attentat à la bombe de Chelsea: «AVIS DE RECHERCHE: Ahmad Khan Rahami, homme, 28 ans. Consultez médias pour photo. Appeler 9-1-1).»

Ce texte n’a pas été envoyé par SMS – une technologie qui nécessite de connaître les numéros de téléphone des destinataires – mais par un système appelé Wireless Emergency Alert (WEA), capable de disperser des messages sur les téléphones qui se trouvent à proximité d’antennes relais cellulaires dans une région géographique déterminée. Le message se manifeste alors par une tonalité particulière et une vibration. Près de 1200 autorités sont habilitées à diffuser des WEA, pour une menace imminente, un enlèvement d’enfant (Alerte Amber) ou encore un message du Président en cas d’urgence nationale.

Limité à 90 caractères

L’alerte qui aurait joué un rôle dans la capture de Rahami – ce n’est pas encore très clair – a certainement mis la population à contribution pour le trouver mais a aussi déçu par ses limites. Pour les habitués aux fonctionnalités multimédias des smartphones, ce format de texte sans photo et sans hyperlien a paru pour le moins désuet. Un système dont la limite est de 90 caractères.

L’année passée, la Federal Communications Commission (FCC) a proposé une refonte du système WEA. Parmi les améliorations suggérées: des messages d’une longueur de 360 caractères et la possibilité d’inclure des photos, des numéros de téléphone et des liens hypertexte. L’industrie des télécommunications sans fil, d’accord avec le fait d’augmenter le nombre de signes des messages, résiste pourtant aux autres modifications proposées, car elle craint une surcharge de la capacité des réseaux lorsque des millions de personnes cliqueront sur des liens au même moment.

L’autre solution: Facebook

On en saura plus le 29 septembre, lorsque la FCC votera sur ces changements. Mais en attendant, une autre solution paraît évidente: c’est Facebook. Avec ses 163 millions d’abonnés aux Etats-Unis, le réseau social pourrait mettre en place dès demain un système d’alerte géo-localisé avec hyperliens, photos, vidéo, permettant aux utilisateurs de le partager sur leur fil d’actualité. Une technologie déjà en place depuis 2015 pour les Alertes Amber.

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