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Le Français, François d'Haene, champion du monde 2017 d’ultra-trail et multiple vainqueur des grandes classiques comme l’Ultra-Trail du Mont-Blanc ou la Diagonale des Fous.
© Cyril Zingaro pour Le Temps

Course à pied

Deux champions du trail sur les pentes vaudoises

Courir en montée, absorber les descentes, manier les bâtons ou gérer sa vie sociale. A l’initiative de Qsport, les champions de trail François D’Haene et Diego Pazos ont distillé leurs conseils à une trentaine d’amateurs, sur les hauteurs de Montreux

Apprendre à ralentir. Un comble! On est en présence du meilleur trailer du monde, mais François D’Haene nous montre comment ne pas courir trop vite dans les montées. «Parfois, je marche plus vite que certains ne courent», assure le Français, champion du monde 2017 d’ultra-trail et multiple vainqueur des grandes classiques comme l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, à Chamonix, et la Diagonale des Fous, à La Réunion.

Ce mercredi-là, ils étaient une quinzaine, dont un journaliste du Temps, à participer à l’une des deux journées de coaching organisées par Qsport pour marquer ses six ans d’existence. Hugo Cappelaere, qui a imaginé cette offre, confie qu’il avait des doutes sur le succès qu’elle rencontrerait.

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Ils ne se sont pas confirmés. L’offre a été lancée en avril, le prix fixé à 149 francs. Il n’a fallu que quinze minutes pour que les réservations soient complètes. Il faut dire que François D’Haene et Diego Pazos, les deux coachs, ce sont les Cristiano Ronaldo et les Xherdan Shaqiri du trail. Passer une journée avec l’un des meilleurs du monde et l’un des meilleurs de Suisse, ça ne se refuse pas.

En vidéo:  Quelques conseils pour s’essayer au trail

Côtoyer deux champions

C’est ce que confirme Gwendoline: «Je suis surtout venue pour côtoyer de près ces deux champions.» Elle en a pour son argent, voire plus. Non seulement ils sont terriblement accessibles, mais ils livrent leurs conseils sans retenue. «Je ne m’attendais à en recevoir autant.» Pareil pour Benoît, un autre participant, qui, lui, est surtout venu pour apprendre. Il veut progresser dans la préparation de ses courses.

Comme Gwendoline et Benoît, les coureurs sont des passionnés de trail. Ils viennent presque tous du canton de Vaud et ont entre 30 et 45 ans. A Caux, sur les hauts de Montreux, avec leur réserve d’eau sur le dos, leur équipement technique et, pour certains, leurs bâtons, ils sont prêts à partir.

Dans des courses aussi longues, il est important de s’économiser un maximum pour pouvoir bien finir, répète-t-il. On sait qu’on va souffrir, mais le but est d’avoir du plaisir

François D’Haene, champion du monde d’ultra-trail

Deux groupes se forment. Avant de gravir les sentiers jusqu’à la Dent-de-Jaman, les deux stars plaisantent et se moquent l’une de l’autre. Elles essaient de détendre l’atmosphère. Difficile de savoir si les participants sont intimidés par leur présence, ou s’ils sont inquiets du rythme qui leur sera imposé. «On y va tranquillement, rassurent les deux athlètes, et on fera de nombreuses pauses.» Au programme du matin, 15 kilomètres et 800 mètres de dénivelé positif. Un autre parcours, plus vallonné, est prévu l’après-midi.

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Le Temps a suivi François D’Haene et sa petite dizaine de disciples d’un jour. Après quinze minutes de mise en jambes, le Français arrête souvent son groupe pour livrer ses conseils. Le rythme et la technique de montée, le positionnement du corps et des bras, le déroulé du pied sur le sol, l’utilisation des bâtons, les transitions entre montées et descentes… La journée est entrecoupée de petites séances d’explications. Avec un message principal: lisser l’effort, travailler sur la régularité de son rythme cardiaque tout au long d’une course.

En réalité, ce sont surtout des évidences que rappelle François D’Haene. Mais ce n’est pas inutile pour autant. «Dans des courses aussi longues, il est important de s’économiser un maximum pour pouvoir bien finir, répète-t-il. On sait qu’on va souffrir, mais le but est d’avoir du plaisir.»

Des selfies et des confessions

Les heures passent et l’atmosphère se détend. Les vues, sur le Léman d’un côté et les Alpes fribourgeoises de l’autre, sont à couper le souffle. Les questions se multiplient et ne concernent plus seulement la technique de course. François D’Haene se livre sur sa carrière et sa jeunesse dans l’athlétisme, sur sa double vie de trailer-vigneron, sur ses choix de courses ou sur son statut de star du trail running, qu’il assume de plus en plus mais toujours pas complètement. «Après douze heures de course, quand je retrouve mes enfants à l’arrivée et qu’ils se font bousculer par des gens qui veulent faire un selfie avec moi, je les remets en place. Je ne le faisais pas forcément il y a quelques années.» Le champion du monde de trail apprend encore à être célèbre.

Des selfies, volontaires ceux-ci, il en fera quelques-uns au sommet. Une photo de groupe puis la descente peut commencer. Elle se déroule dans un joyeux chahut. Le temps d’une courte désescalade depuis la Dent-de-Jaman, cette sortie ressemble plus à une course d’école qu’à une course de montagne.

Cela convient sans doute à Martine. Elle est la seule qui ne connaissait pas les deux champions, avant cette journée. Si elle a souscrit à l’offre de Qsport, c’est pour socialiser. Elle peine à rencontrer d’autres amateurs de trail. «Quand j’étais aux Etats-Unis, j’ai remarqué que tout le monde se connaissait sur les courses. Ici, c’est beaucoup moins le cas.»

Mes amis ne comprennent pas que je surveille mon alimentation ou que j’arrête de boire de l’alcool avant eux pendant les soirées

Benoît, un participant

Au fil des heures, les affinités prennent forme. Ou alors est-ce parce qu’il est plus facile de parler à la descente? En tout cas, les discussions s’engagent. En dévalant la pente, on parle chaussures ou techniques d’entraînement. On raconte sa dernière course, on se réjouit de la prochaine. Les Rochers-de-Naye, le week-end dernier, le Trail Verbier Saint-Bernard, ce samedi, le Montreux Trail, fin juillet, ou la célèbre Diagonale des Fous, reviennent souvent sur le tapis. Certains rêvent de la faire, de la finir. Bientôt, ou un jour, plus tard. François D’Haene, lui, l’a déjà gagnée trois fois.

Un sport individuel et chronophage

Martine, comme bien d’autres, est ravie de pouvoir partager sa passion avec d’autres passionnés d’une discipline qui, aussi populaire devient-elle, reste un sport individuel et chronophage. «C’est difficile de convaincre des amis de m’accompagner. Courir dans la montagne, ça ne fait pas envie à tout le monde», sourit un autre participant, lors du repas de midi. Benoît renchérit: «Mes amis ne comprennent pas que je surveille mon alimentation ou que j'arrête de boire de l’alcool avant eux pendant les soirées.»

Sur ce sujet aussi, François D’Haene a quelques conseils à distiller. Tout le monde s’accorde sur ce point: il n’est pas aisé de conjuguer ce sport d’endurance avec sa vie sociale et familiale. Un mot d’ordre: communiquer. «Mon épouse sait parfaitement à l’avance quelles courses je ferai, et donc quelles sont les semaines durant lesquelles je devrai m’entraîner et celles où je serai libre. On en discute, ainsi tout est clair et on est libéré de ses contrariétés.» Encore une évidence.

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