L'exercice d'équilibrisme auquel se livrent les trois juges valaisans, éclairant par bribes un dossier de plusieurs dizaines de milliers de pages, connaîtra un point fort lundi avec l'audition de Jean Dorsaz. Samedi, c'était au tour de l'ancien directeur de la Banque Cantonale du Valais et du contrôleur interne.

«Ce qu'on peut me reprocher, c'est d'avoir trop fait confiance», a avoué le patron de la banque à l'époque, admettant certaines erreurs. «Mais c'est facile de refaire l'histoire après coup. Il faut se souvenir du contexte de ces années folles.» Si la BCVs avait pris des mesures draconiennes, «Dorsaz nous aurait probablement quittés». Apparemment, c'était inimaginable.

Quand les dépassements de crédit du plus gros client sont devenus menaçants pour la banque elle-même, son directeur s'est persuadé que, pour sauvegarder l'établissement, «il fallait sauver Dorsaz». C'est ainsi qu'il explique la détermination de la banque à tout mettre en œuvre pour effacer l'ardoise du promoteur. A ce stade, le conseil d'administration n'aurait pas tout su, «pour éviter des fuites», s'est justifié le directeur, réticent à en dire plus en public…

Le contrôleur interne se défend, pour sa part, d'avoir tardé à signaler les dépassements de Jean Dorsaz. Ses avertissements répétés, dès 1988, ne seront pas entendus, a-t-il martelé, ni par la direction, ni par le conseil d'administration, ni par le conseiller d'Etat Hans Wyer. Très vite pourtant, et sur la base d'éléments moins détaillés, la Commission fédérale des banques s'est aperçue que la gestion du dossier Dorsaz était loin d'être irréprochable. «Si quelqu'un ne veut pas lire ou ne sait pas lire, ce n'est plus mon problème.»