Avec une modestie toute américaine, l'idée est présentée comme «la première innovation majeure dans les télécommunications depuis les technologies par satellites et cellulaires». Reste qu'en deux années, elle a multiplié les approbations officielles et partenariats internationaux. Sky Station s'articule en premier lieu autour de la personnalité de son patron, Alexander Haig, ancien secrétaire d'Etat de l'ère Reagan. Haig s'est inspiré d'un projet de l'Armée de l'air américaine. Celui-ci consistait à déployer les dirigeables géostationnaires dans la stratosphère pour des missions de surveillance.

Aujourd'hui, Sky Station se présente comme une alternative, moins onéreuse et plus efficace, aux réseaux de satellites de télécommunications, toujours plus denses. La société entend installer d'ici à trois années 250 dirigeables à une hauteur de 21 kilomètres. Chaque engin mesure 157 mètres de longueur. Mues par l'énergie solaire, des hélices se chargeront de maintenir immobiles les aéronefs sur des régions à forte densité humaine, en particulier les mégapoles. Chaque plate-forme assurera des communications hertziennes à haute vitesse à l'intérieur de son empreinte de 1000 kilomètres de diamètre. Le réseau sera un fournisseur de capacité Internet à large bande et permettra de transmettre des images vidéo, communications téléphoniques, télémédecine et autres données numériques.

Par rapport aux satellites, Sky Station mise sur l'absence de lanceurs. De plus, les dirigeables peuvent sans encombre être redescendus sur terre pour leur entretien. Chaque plate-forme, qui embarque 10 tonnes de matériel, fonctionne de manière autonome, non en réseau. Le temps de latence des transmissions est de 0,5 milliseconde au lieu des 250 millisecondes des satellites. Comme les dirigeables sont moins chers à réaliser que les versions contemporaines du Spoutnik, les communications auront également des tarifs plus attractifs.

Sky Station a déjà une fréquence, 47 MHz, ainsi que les bénédictions respectives de l'Union Internationale des Télécommunica- tions et de la Federal Cummunication Commission des Etats-Unis. La société a en outre signé une multitude d'accords, notamment avec l'Aérospatiale française pour le développement des plates-formes, Thomson CSF, toujours en France, pour les stations terriennes d'accès, Alenia Spazio en Italie et Dornier Satellitensysteme (Daimler-Benz) en Allemagne pour le matériel de communication. Le Jet Propulsion Laboratory de la NASA coordonnera pour sa part le travail des partenaires. L.D.