Selon la Commission fédérale contre le racisme (CFR), les discours haineux sont en augmentation aussi en Suisse dans un contexte marqué par la pandémie de Covid-19 et ses théories du complot. Dimanche, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, la CFR appelle à combattre «un phénomène dicté par la peur et les préjugés».

La pandémie mondiale actuelle s'est accompagnée d'un «déferlement» de haine et de préjugés racistes, déplore la commission.«C'est un phénomène historique récurrent», écrit-elle dans un communiqué: en temps de crise, «la désignation de boucs émissaires, responsables de tous les maux, s’exprime de manière exponentielle au travers de «fausses nouvelles» et de théories du complot».

Aujourd'hui, les réseaux sociaux «en fourmillent», s'inquiète la CFR. Conséquence: une démocratie «fragilisée» et une cohésion sociale «mise à mal».

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Elle considère certaines théories conspirationnistes comme «inquiétantes», notamment celles «inspirées par l'antisémitisme». Et rappelle qu'avec la crise du coronavirus «les rapports sur l‘antisémitisme ont constaté cette année une forte augmentation des propos relayant des théories du complot visant les juifs».

«Antisémitisme latent en Suisse»

«Cet état de fait montre bien que l'antisémitisme est latent en Suisse comme ailleurs et qu'il suffit d’une crise pour le ranimer». La CFR se dit «préoccupée par ces manifestations d’hostilité et d’intolérance qui s’expriment de façon de plus en plus forte au sein de la population et dans les milieux politiques».

Vendredi, à la suite de fusillades qui ont entraîné lundi la mort de six femmes d'origine asiatique près d'Atlanta aux Etats-Unis, le président américain Joe Biden avait appelé à réagir face aux violences anti-asiatiques. Son prédécesseur Donald Trump est accusé d'avoir encouragé les amalgames en qualifiant le SARS-Cov-2 de «virus chinois».