– Que vous souhaiter pour les dix prochaines années?

– Des livres dont je puisse me sentir enfin vraiment fier.

– Où vous imaginez-vous dans dix ans?

– Dans une belle maison à la campagne? Un rêve de Londonien avec enfants. J'ai déjà le modèle, il est suisse (il sort un livre): la maison de pierres de Herzog et de Meuron en Ligurie. Mais, pour ces architectes-là, je crains que…

– Se projeter dans l'avenir?

– Les enfants vous y obligent. Et le temps qui file me pousse à mieux choisir sur quoi écrire.

– Qu'aurez-vous gagné dans dix ans?

– Je n'en sais vraiment rien.

– Et perdu?

- Mes enfants auront perdu un peu de leur enfance, ça m'attriste déjà.

– Qu'attendez-vous de la Suisse de 2018?

– La beauté est la valeur nationale de la Suisse. Qu'elle préserve cela. Ça s'urbanise trop et mal.

– Ces 10 prochaines années, qu'est-ce qui va marquer votre domaine?

– Dans les médias, dans l'édition, ce sera encore davantage la guerre des tendances entre la culture, l'argent, le populaire et le vulgaire.

– L'humanité progresse-t-elle?

– On devient plus gentils. Plus empathiques. Entre hommes et femmes, je suis sûr que c'est mieux qu'avant. Les hommes évoluent en bien, non?

– Un jour ou l'autre, le temps vous donnera raison. A quel propos?

– Sur le fait qu'il faut lire Proust. Et qu'on peut écrire un livre sur Proust qui intéresse les lecteurs, ce qu'aucun éditeur ne pouvait croire. J'ai de la chance: le temps m'a déjà donné raison.