20 ans

«Dans dix ans, vous serez ridicule si vous possédez un smartphone»

Le téléphone mobile, mais aussi tous les écrans, seront totalement dépassés d’ici à quelques années. La projection directement sur la rétine de l’internaute pourrait s’imposer, affirme le futurologue Ian Pearson

Cette année, Le Temps fête ses 20 ans. Né le 18 mars 1998, il est issu de la fusion du Journal de Genève et Gazette de Lausanne et du Nouveau quotidien. Nous saisissons l’occasion de cet anniversaire pour revenir sur ces 20 années, et imaginer quelques grandes pistes pour les 20 suivantes.

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Nous interagissons en moyenne 50 à 300 fois par jour avec notre smartphone. Et nous le touchons quotidiennement plus de 2600 fois. Cette addiction au téléphone, documentée de manière précise, est un fléau qui touche, en 2018, surtout les adolescents, accros aux réseaux sociaux. Cette addiction aux écrans va évoluer. Elle pourrait même disparaître, à en croire Ian Pearson, futurologue spécialisé dans les nouvelles technologies. Selon cet Anglais, contacté par Le Temps, le smartphone n’a en réalité plus que quelques années à vivre. «Aujourd’hui, les gens se moquent de vous si vous n’avez qu’un simple téléphone et pas un smartphone. Mais dans dix ans, vous serez sans doute ridicule si vous possédez un smartphone.»

Selon Ian Pearson, cet accessoire aujourd’hui indispensable va être remplacé par… notre rétine. «La projection d’un écran sur la rétine, que j’avais envisagée dès 1991, est déjà en train de devenir réalité, explique le spécialiste. On voit qu’Intel teste des prototypes de lunettes, appelés Vaunt, avec un dispositif de projection via un laser sur l’œil. C’est extrêmement prometteur et je pense que cette innovation annonce la fin des écrans.»

Changer de réalité

Plus de smartphone, de montre connectée ou de tablette. «Que ce soit via des lunettes ou via des lentilles de contact spéciales, l’œil va devenir notre écran. La puissance du laser est si faible qu’elle ne présente aucun danger pour la santé. Et les possibilités offertes par cette technologie sont extraordinairement vastes», affirme le futurologue. Pour lui, l’élément central sera la connexion des lunettes ou de la lentille de contact à Internet et à des serveurs extrêmement puissants dans le cloud. «Vous n’aurez plus besoin d’avoir un ordinateur ou un téléphone avec vous car les calculs informatiques seront réalisés à distance. Connecté à Internet de manière ultrarapide, l’homme se verra offrir des possibilités incroyables.»

Des exemples? «Vous pourrez projeter devant vous l’écran virtuel de votre smartphone pour consulter des messages. Vous pourrez aussi, en vous baladant dans une ville, obtenir des informations sur les bâtiments ou les commerces en réalité augmentée avec une vision en 360 degrés. Et si vous avez envie de changer de réalité, il vous sera possible de modifier la tête des personnes que vous croisez ou de parsemer des aliens dans les rues», poursuit Ian Pearson.

Et que l’on ne vienne pas lui parler de l’échec des Google Glasses… «Ces lunettes intégraient une caméra, capable de filmer en permanence ce que l’utilisateur avait en face de lui… Comment Google a-t-il pu penser que ce serait accepté? Il n’y avait aucune chance, c’était évident… Les prochains fabricants ne commettront pas cette erreur.»

A l’intérieur du corps

Les humains pourront projeter une sorte de monde idéal autour d’eux via une réalité augmentée très pointue. Une sorte de rêve permanent. Ou de cauchemar persistant. Car cet écran permanent sur les yeux risque d’aggraver le phénomène d’addiction. «C’est un risque important, surtout pour les adolescents. Ils pourront, chaque matin, décider de leur apparence parmi des millions de possibilités. Et ils seront encore plus demandeurs de gratifications, sous forme de «like» évolués, de leurs amis. Le narcissisme risque d’être poussé à son paroxysme, avec des risques réels pour la santé des plus jeunes comme celui d’être connecté en permanence…». Mais il sera possible d’y remédier, assure le futurologue. Un battement de cils appuyé, ou un froncement de sourcils, et l’écran ne sera plus projeté sur la rétine.

Si le smartphone est appelé à disparaître, selon Ian Pearson, d’autres appareils minuscules apparaîtront autour de l’homme, mais surtout à l’intérieur de lui. «Les puces informatiques deviennent si petites qu’elles seront capables de mesurer en temps réel et en permanence ses niveaux de glucose, de graisse ou de fer dans le sang. Comme il sera aussi possible de détecter en permanence la présence de virus ou de certaines bactéries…, annonce le futurologue. Et la connexion entre le monde informatique et le corps humain, surtout avec le système nerveux, offrira des possibilités incroyables aux personnes handicapées… Je suis très optimiste.»

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