Le virus de la grippe a de la peine à progresser d'une manière significative en ce début de mois de février, en raison des températures clémentes de l'hiver. En comparaison avec les années précédentes, beaucoup moins de cas ont été recensés en Suisse. De plus, la variante actuelle est moins agressive et touche principalement les jeunes, selon Werner Wunderli, du Centre national Influenza de Genève.

Il y a deux semaines, le seuil épidémiologique (1,5%) a certes été dépassé pour la première fois dans tous les cantons. Toutefois, les valeurs atteintes jusqu'à présent sont restées clairement au-dessous de celles enregistrées les années précédentes, explique Werner Wunderli. La semaine passée, 3,4% des consultations médicales ont été données à des patients qui pensaient avoir la grippe. L'an dernier, l'apogée de l'épidémie avait déjà été atteint au début janvier avec 7,7% des consultations dues à la grippe.

Le temps anormalement doux que la Suisse a connu cet hiver explique notamment la faible pénétration de la grippe. En effet, les températures élevées freinent l'infection. Les particules virales sont plus grandes lorsque l'air est chaud, elles pénètrent par conséquent plus difficilement dans la cavité nasale.

De plus, l'air chaud permet une meilleure humidification des muqueuses, ce qui complique l'attaque du virus. Enfin, compte tenu des conditions météo actuelles, les personnes aèrent plus facilement leurs maisons, ce qui freine la progression de la maladie.

La variante du virus de cette année est aussi moins agressive que celles des années précédentes. Par ailleurs, beaucoup d'adultes ont déjà une certaine protection contre cette variante, qui était déjà présente en Suisse il y a une dizaine d'années.

Par contre, les jeunes, et particulièrement les enfants, sont plus sensibles au virus. Ceux-ci, selon Werner Wunderli, ne sont cependant pas très fortement atteints. En fait, la grippe ne cause que rarement des complications nécessitant une consultation médicale.

Toutefois, il n'est pas exclu qu'un nouveau pic de virologie atteigne la Suisse pendant le pré-printemps, prévient le docteur Jacques-Etienne Bornand, du laboratoire de virologie aux hôpitaux universitaires de Genève. Pour cette raison, il est encore conseillé de se faire vacciner, car cela reste la seule prophylaxie disponible. «La montée de l'épidémie est actuellement lente, à cause des facteurs météorologiques en particulier», dit Jacques-Etienne Bornand. Il faut 10 à 15 jours pour que l'immunisation soit complète. Par contre, si la grippe est déjà déclarée, ce sont les antiviraux qui s'avèrent les plus efficaces. «Utilisés dans les 24 heures qui suivent l'apparition des symptômes, ils raccourcissent en tout cas l'évolution de la maladie. Une des meilleures utilisations de ces antiviraux est dans le cadre de la famille. Si l'un des membres est malade, la prise de ces médicaments, apparus en 1972, peut empêcher que le reste de la famille ne tombe malade», explique Jean-Etienne Bornand.

Le nombre de personnes vaccinées – environ un million – n'a que peu d'impact sur le développement de la grippe. «Cette proportion est trop peu importante pour influencer décisivement la propagation du virus», a expliqué Werner Wunderli. Selon l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), le nombre de vaccins vendus augmente régulièrement depuis 1996, de 50 000 à 200 000 unités par année.