Temps atomique international (TAI)

Une échelle de temps destinée à être utilisée dans le monde entier a besoin d'une référence temporelle continue, comme un étalon uniforme et stable à qui elle pourrait constamment se fier. Cette référence légale est le Temps atomique international. Les physiciens de la Section du temps au Bureau international des poids et mesures (BIPM), dans la région parisienne, calculent la moyenne de plus de 200 horloges atomiques réparties dans cinquante pays membres. Des pays n'ont qu'une horloge à proposer. Les Etats-Unis ont en près de soixante. La Suisse en dispose de cinq. Le calcul à Paris de cette moyenne est l'assurance qu'aucun pays ne peut revendiquer de suprématie sur le temps légal. Ce compromis est aussi une garantie de sécurité en cas de panne, ainsi qu'une précaution scientifique. Aucune des horloges atomiques, aussi précises qu'elles soient, ne donne la même heure. Tout se joue bien sûr à d'infimes variations près, équivalentes à la largeur d'un cheveu sur la distance de la Terre à la Lune. La moyenne définie par le BIPM est ainsi une sorte d'horloge primaire idéale, qui n'a pas d'existence réelle. Qui a dit que le temps n'existait pas?

Temps universel ordonné (UTC)

Le Temps atomique est cent fois plus précis que le temps de la rotation terrestre, qui connaît de légères irrégularités. Or pour les activités humaines quotidiennes, il est nécessaire d'avoir une échelle de temps qui tienne compte sur le long terme du ralentissement de la rotation terrestre. Des secondes dites «intercalaires» sont ainsi ajoutées quand il le faut au TAI pour recaler celui-ci sur la course terrestre. On obtient ainsi le Temps universel coordonné (UTC). Le Temps universel garantit que le Soleil passe bien à midi au méridien d'origine de Greenwich, à moins de 0,9 seconde près en moyenne annuelle. UTC a été enrichi de trente-deux secondes depuis 1972, ce qui signifie que le TAI a aujourd'hui 32 secondes d'avance sur UTC.

Greenwich Mean Time (GMT)

UTC a officiellement remplacé le temps moyen de Greenwich, le célèbre GMT, en 1986. Notons, comme le signalait récemment avec malice le quotidien The Gardian, que les lois britanniques se réfèrent toujours à GMT. Une proposition de loi qui en 1997 aurait changé GMT en UTC n'a jamais passé, faute de temps…

GMT avait été adopté comme échelle de temps universelle le 1er novembre 1884 par la Conférence internationale sur le méridien, qui se tenait alors à Washington. C'est à cette occasion que les vingt-quatre fuseaux horaires de la Terre ont été établis à partir du méridien d'origine, ou longitude 0, de l'observatoire royal de Greenwich, qui surplombe la Tamise près de Londres. Le 0°00'00'' de longitude est toujours défini par le croisement de deux fils dans la visée du télescope de l'astronome Georges Airy dans l'observatoire, lequel n'est plus qu'un musée. De même, chaque journée sur la Terre commence officiellement à Greenwich. En 1884, la conférence de Washington a établi que «Par décret légal, chaque nouveau jour débute à minuit moyen sur le fil central du cercle de transit d'Airy à l'Observatoire royal de Greenwich».