«Edelweiss» voit blanc. C'est du moins sur ce thème que le magazine féminin romand a décliné son numéro hivernal. Depuis hier, sa rédactrice en chef, Marie-France Vigor, doit voir rouge. Les bruits laissaient en effet entendre qu'elle venait d'être licenciée avec effet immédiat. A la rédaction de Genève, on ne nie pas, mais on ne réagit pas non plus. Présente à son bureau, Marie-France Vigor se refuse à tout commentaire, préférant laisser la parole à l'éditeur, Ringier Romandie. «Je ne parlerais pas de licenciement, répond Gérard Geiger, directeur du groupe. Il s'agit d'une convention à l'amiable au terme de laquelle Marie-France finit sa collaboration avec Edelweiss. Nous nous sommes vus jeudi et nous avons pris cette décision ensemble.»

On se souvient qu'il y a à peine plus d'un an, Edelweiss se séparait de sa précédente rédactrice en chef, Ludivine Ribeiro, au profit de Marie-France Vigor, alors rédactrice en chef adjointe (Le Temps du 9 novembre 2000). Cette nouvelle décision serait-elle le témoin de failles ou d'instabilité dans la ligne éditoriale? «Je comprends qu'on puisse le penser, dit Gérard Geiger. Lancer un titre, c'est un effort considérable. A sa naissance, Ludivine lui a donné un élan créateur incontestable. Je pense qu'Edelweiss doit encore trouver un plus grand essor.» Le départ de Ludivine Ribeiro correspondait avec une volonté de modifier la ligne éditoriale. Un an après, le groupe se montrerait-il dubitatif quant aux objectifs de Marie-France Vigor? «Si j'avais eu des reproches à lui formuler, je le lui aurais dit directement. Mais c'est un constat évident que pour franchir un nouveau seuil, il faut pouvoir maîtriser une créativité renouvelée.» Car du côté de la reconnaissance, Gérard Geiger affiche un bel optimisme: «Nous sommes très heureux de notre succès auprès des annonceurs. Tous les produits de luxe sont présents.» Sans compter les autres qui, additionnés à la lecture des pages du magazine, en démontrent la bonne santé. Une santé de fer qui se vérifie également auprès de son lectorat, qui, selon les derniers chiffres publiés par la REMP, a augmenté de 10%.

Pour remplacer Marie-France Vigor, Ringier n'a «pour l'instant signé de contrat avec personne, affirme Gérard Geiger. Mais je pense que l'annonce va susciter plusieurs candidatures spontanées. En attendant, Valérie Hoffmeyer, notre rédactrice en chef adjointe, assurera l'intérim.» Et un début d'année chargé. «Symboliquement, c'est mieux de débuter une nouvelle année sur des idées reformulées», confirme Gérard Geiger, qui ajoute que la rédaction, «très attachée au titre», est déjà en train de plancher sur le prochain numéro, à paraître le 25 janvier 2002.