1.Une vingtaine, avec des rédactions à Lausanne et Genève.

2. Non, aucune hésitation. Par rapport à la presse traditionnelle, il s'agit d'un autre produit. De plus, j'ai déjà travaillé pour la presse gratuite: celle de Migros. Mais je voulais surtout travailler dans le domaine où il faut être actuellement. Ce type de produit va modifier en profondeur le paysage médiatique romand. Soyez-en sûr.

3. Les personnes entre 24 et 50 ans qui vont au travail, se lèvent tôt et désirent une information rapide. Ainsi que les jeunes entre 15 et 24 ans qui vont suivre des cours, et n'ont pas envie de lire

la presse établie.

4. Il serait présomptueux de donner une réponse positive ou négative. Il existe des bassins de population plus petits que la Suisse romande où plusieurs titres gratuits coexistent sans problème.

5. J'apprécie 20 Minuten. Je le lisais tous les jours quand j'étais à Zurich. Il m'a conforté dans un sentiment, celui du «Sam Suffit». Cette lecture me suffisait. Je n'éprouvais plus le besoin de lire le Tages-Anzeiger, ou d'autres quotidiens.

6. Le Matin Bleu s'appuie sur une marque connue, établie et appréciée: Le Matin. C'est un avantage considérable. Les informations sur la consommation sont également plus soft, plus utiles et féminines que celles de 20 Minuten, sèches et axées sur l'univers du bureau. La différence se jouera surtout sur la sensibilité régionale, les reportages de proximité, le quotidien des Cropettes ou de la Bourdonnette, le café du Commerce. Je ne suis pas sûr que nos concurrents auront cette qualité de regard.

7. Il n'y a pas de danger de confusion avec des publi-reportages. Ils sont toujours clairement signalés comme tels. Les dépêches d'agence disent l'essentiel en peu de mots. Il n'y a aucune raison de les signer. En revanche, les reportages, chroniques ou articles de consommation doivent porter la signature d'un journaliste.

8. Les éditoriaux et commentaires m'agacent. Sans compter que beaucoup d'articles d'information sont eux-mêmes orientés. Ils mélangent faits et commentaires. J'ai besoin d'informations claires et neutres. La crédibilité d'un journal gratuit tient précisément à cette absence d'orientation. C'est d'autant plus important que le mot «gratuit» a toujours quelque chose de louche.

9. Tous les journaux romands s'adressent aussi à leurs annonceurs. 60 à 70% de leurs recettes proviennent de la publicité.

10. Il est difficile de mettre en relation la qualité d'un journal avec le nombre de ses journalistes. Il y a des quotidiens qui emploient beaucoup de monde sans que la qualité soit au rendez-vous. Et inversement.