Portrait

Elias Richter, «nec temere, nec timide»

A 32 ans, le Neuchâtelois d’origine jurassienne est à la fois champion romand de catch et doctorant en latin. Un grand écart permanent dont il s’amuse, comme des épigrammes qu’il étudie depuis bientôt huit ans

Elias Richter est un pseudo. Le nom qu’il porte lorsqu’il grimpe sur le ring pour devenir ce catcheur pugnace, adepte des plaquages au sol. Sacré champion romand par la Swiss Power Wrestling (SPW) en mai dernier à Lausanne, le Bruntrutain de 32 ans termine, en parallèle, un doctorat en littérature latine à l’Université de Neuchâtel. Sa thèse, portant sur des petits poèmes énigmatiques de la fin du IVe siècle, le plonge aux confins de la langue et de ses perpétuelles transformations.

Barbe ébène et regard franc, Elias Richter a le calme posé du juge qui tranche sans sourciller. Son identité civile, il tient à la garder secrète. Une manière de dissocier ses deux vies, de préserver ses atouts en vue d’une carrière académique tout en existant sur le ring. «L’univers du catch attire les stalkers, il vaut mieux se préserver des ardeurs trop remuantes», précise-t-il comme pour éclairer nos yeux déconcertés.