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Qui sont les élus du Forum des 100?

Parité, régions: comment la représentativité des «personnalités qui font la Suisse romande» a-t-elle évolué depuis la création de l’événement, en 2005? Notre journal fait son autocritique

Le Forum des 100 a eu lieu ce jeudi. Quelle a été la place des femmes? Les régions ont-elles été bien représentées parmi les «100 qui font la Suisse romande»? Le Temps a voulu faire son autocritique. Les chiffres réservent des surprises, à commencer par le nombre d’élus: depuis le lancement du forum en 2005, ils n’ont jamais été exactement 100. L’édition 2019 en a compté 103, la précédente 105, et l’édition 2008… 123. Pour une raison simple: chaque année, plusieurs personnes indissociables – couples, cofondateurs – sont élues en tandem, voire en trio.

Plus de la moitié des élus sont Vaudois et Genevois

Cette année, au moins 73 élus sont Vaudois et Genevois, tandis qu’une vingtaine seulement habitent le Valais, Fribourg, Neuchâtel et le Jura. Pourtant, ces quatre cantons comptent 41% de la population romande, selon les chiffres 2018 de l’OFS. On peut supposer que cette proportion s’explique par la concentration des entreprises, des pôles de recherche et des fondations liées au développement durable – le thème de cette édition – dans les cantons de Genève et Vaud.

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Les autres élus habitent la Suisse alémanique ou vivent à l’étranger: «On essaie d’être attentifs à la sixième Suisse», relève Alain Jeannet, responsable de l’organisation du Forum des 100.

La parité, mais pas chez les orateurs

«Juste par curiosité, quel est le taux de femmes invitées au Forum des 100?» s’est interrogée Myriam Wittwer sur Twitter. Il est difficile de mesurer le nombre de femmes présentes dans la salle. Une chose est sûre: cette année, la liste des personnalités distinguées frôle la parité. On compte 57 hommes et 46 femmes, soit 45% d’élues qui font la Suisse romande. C’est une note positive, mais les femmes peinent à se faire entendre sur scène. Sept oratrices ont partagé leur vision de la transition écologique, contre 15 hommes.

Si l’équilibre n’est pas encore atteint, une nette progression est à noter. En 2005, la gent masculine dominait largement le palmarès (91 hommes pour 16 femmes). Si la sélection dépend d’abord des organisateurs de l’événement, la thématique choisie a également un effet sur la composition de la volée. «La parité et la diversité dépendent beaucoup de la thématique, confirme Alain Jeannet. En 2017, le thème «La santé dans tous ses états» nous a permis d’avoir de nombreuses élues et oratrices. Cette année, avec pour thème le développement durable, l’équilibrage était plus difficile. Mais c’est dix fois pire avec tout ce qui est technologique.»

La fonction des élus

Parmi la centaine d’élus, une vingtaine d’hommes et une vingtaine de femmes ont des titres de dirigeant. Mais cela ne dit rien du poids de chacune des entreprises, fondations ou start-up qu’ils pilotent. «En matière de parité à la tête des entreprises, notre pays est très en retard par rapport à d’autres. On ne peut pas inventer une autre réalité. Ce n’est pas mieux dans le domaine de la politique, si on pense aux gouvernements genevois et neuchâtelois. La parade, c’est d’être très attentifs à la relève.»

La mission du Forum des 100 consiste à révéler des personnalités atypiques et des figures montantes. Cette année, pour la première fois, l’un des élus – Jean-Philippe Jel – est un nageur synchronisé.

L’enjeu de la relève

Le Forum des 100 est un rendez-vous incontournable. Une réputation acquise au fil des années. Mais comment renouveler la traditionnelle liste des élus? Alain Jeannet assure que le vivier de talents ne s’est jamais asséché. Au contraire, l’événement a par exemple offert de la visibilité à Jacqueline de Quattro. «Elle a été élue au Forum des 100 en 2006, un an avant d’entrer au gouvernement vaudois.»

La sélection des heureux élus ne repose pas seulement sur le carnet d’adresses des journalistes. Les personnes déjà distinguées font également des propositions, en sortant parfois de leur domaine d’activité. De nouveaux noms qui feront demain la Suisse romande.

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