Biographies très graphiques

«Je me souviens du mal que j'ai eu à comprendre ce que voulait dire l'expression «sans solution de continuité», a écrit un jour Georges Perec. Sa phrase a tapé dans l'oreille de Géraldine Kosiak qui la cite au début de son livre «Mon grand-père». Celui-ci se présente comme un album de souvenirs. C'est un hommage posthume pour cet homme plutôt bon zigue, fou de ses caniches royaux et de viande rouge, roulant en Ami de Citroën et portant des chaussures à trous en été. Affectueux envers les siens, il était méfiant envers les autres. On devine tout l'amour rageur qui liait sa petite-fille, amatrice de rock et de liberté, à ce grand-père-là. La phrase de Perec vaut aussi pour une autre biographie, celle de Raymond Briggs. Il tombe le masque dans «Ethel et Ernest» pour raconter qui étaient ses parents et quelle fut sa jeunesse anglaise. L'auteur-illustrateur du classique «Bonhomme de neige» est issu d'un couple uni dans l'adversité des années de guerre. Briggs met beaucoup d'humour et pas mal de désespoir à décrire le quotidien de ses modestes parents auxquels la vie a rogné les ailes.

«Mon grand-père», par Géraldine Kosiak, Seuil. «Ethel et Ernest», par Raymond Briggs, Grasset. Dès 12 ans.

Le requin, la nageuse et l'orque

Jean-Hugues Oppel, auteur du remarqué «Ippon», écrit pour les grands enfants des polars à haute tension. Avec «Dans le grand bassin», son dernier livre, le lecteur est invité à se glisser dans les corps immergés de quatre excellents nageurs: un grand requin blanc – tueur instinctif –, Delphine – 14 ans, extralucide –, sa mère – aveuglée par la peur – et Sagane, une orque apprivoisée, justicière intelligente. L'affaire a lieu sur la Côte d'Azur, sur fond de spéculation immobilière, dans l'espace clos d'un marineland voué à la démolition.

«Dans le grand bassin», Jean-Hugues Oppel. Syros jeunesse.

Souris noire. Dès 11 ans.

AILLEURS

Adoption: déjà 25 pays liés par une convention

Trois ans après son entrée en vigueur, la Convention sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale lie 25 pays, rappelle le dossier du «Courrier de l'Unesco» de ce mois. Ces nations s'engagent à collaborer et prévenir les trafics d'enfants. La Suisse ne fait pas encore partie de ce club qui comprend 15 pays d'origine des enfants adoptés et 10 pays d'accueil. Parmi ceux-ci figurent en revanche la France, la Finlande, la Norvège, les Pays-Bas, la Suède, l'Australie et le Canada.

Ar. Ra