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Il y a parfois beaucoup d’amertume chez les enfants vis-à-vis des partenaires «de passage» et une peur de s’attacher. 

Psychologie

Les enfants, voici le nouvel amour de ma vie!

Vous êtes retombé(e) raide dingue, et vous n’avez qu’une envie: présenter votre nouvel amoureux à vos enfants. Un mois, une semaine, un an… existe-t-il un bon timing, et comment s’y prendre?

Ils doivent déjà digérer la séparation de leurs parents. Puis jongler entre deux lieux de vie. Parfois se retrouver au centre de gros conflits. Et, tôt ou tard, ils devront aussi s’habituer à un beau-père et une belle-mère. Evidemment, les enfants ne choisissent rien de tout ça, ils ne font que subir.

Entre «Quoi? T’as toujours pas présenté ton mec à tes enfants?» et «Quoi? Tu leur as présenté ta nana au bout d’une semaine, alors que tu viens de larguer la précédente?»: les parents séparés sont forcément confrontés à la question qui tue. Finalement, existe-t-il un bon timing pour présenter un nouveau partenaire, et que faut-il prendre en considération? Pour Anne Jeger, psychologue clinicienne, il est difficile de donner une forme de délai. Le plus important étant de préparer le terrain. Ce qui demande du temps, de l’énergie et de la volonté.

D'abord: un(e) ami(e)

«Heureusement, la plupart du temps, les parents prennent le temps de préparer leur enfant et ne leur imposent pas leur nouveau conjoint. Mais parfois l’enfant fait la connaissance du nouveau partenaire en rentrant de l’école le soir, alors qu’il s’est installé chez sa mère/son père sans être prévenu!»

Idéalement, toujours selon la psychologue, il faudrait d’abord présenter son nouveau partenaire comme étant un ami, pour éviter la pression. Faire des activités ensemble, les laisser s’apprivoiser. Et, par exemple, éviter que les enfants tombent nez à nez avec la personne en question, sortant de la chambre parentale en caleçon avec la marque de l’oreiller sur la joue et un sourire béat… «Qu’est-ce qu’y fait, qu’est-ce qu’il a, qui c’est celui-là?» chantait Pierre Vassiliu... Bref, il faudrait «attendre que l’enfant soit prêt à assumer cette nouvelle réalité».

Alors qu'Emmanuel *, 50 ans, a attendu douze ans avant de présenter sa fille à son amie pour éviter les conflits potentiels, Charlotte * n’a pas pris cette précaution. «Cinq jours après ma séparation avec mon mari, ma fille de 7 ans m’a dit: «Tu vas pouvoir te trouver un vrai amoureux.» Je n’ai jamais rien caché à mes enfants, par honnêteté envers eux. Je leur ai présenté mon nouveau copain au bout d’un mois. Ils étaient en âge de comprendre que ça pouvait ne pas fonctionner. Je n’ai pas vraiment pensé aux risques. C’est sûr, si la relation s’arrête, ça peut les rendre tristes… Mais je vis le moment présent.»

Quand on demande à Clara *, 20 ans, combien de beaux-pères et belles-mères elle a vu défiler dans sa vie, elle éclate de rire: «J’ai du mal à compter!» Une bonne vingtaine. Généralement présentés à la jeune femme quelques semaines, voire quelques jours après le début de la nouvelle relation. «Moi je n’avais pas envie que l’on m’impose n’importe qui, n’importe comment… Ce n’était pas toujours utile de me les présenter…»

«J’en avais marre»

Le plus dur? S’attacher à une personne et devoir s’en séparer, parfois du jour au lendemain. «Au bout d’un moment, j’en avais marre que mon père passe d’une fille à l’autre. Je ne voulais plus qu’il me les présente tout de suite. Je lui ai dit, mais il n’a pas très bien réagi. Avec ma mère c’était rapide aussi, mais les hommes entraient moins vite dans notre quotidien. Et c’était facile: ils devaient se faire bien voir par moi, sinon ils dégageaient! Maintenant je sais que ça va changer, comme d’habitude. Mais quand une nouvelle personne arrive, je me demande directement «est-ce que je peux m’attacher ou pas?»

En consultation, Anne Jeger rencontre des adolescents et des adultes qui ont vécu la même situation que Clara. «Je perçois beaucoup d’amertume, parfois un sentiment de trahison. Ils ont renoncé à s’attacher aux partenaires «de passage» puis, pour certains, développé une peur de l’engagement. Ils se posent des questions sur leur propre vie affective, présente ou future. Mais il est probable que ce ne soit pas le cas pour tous.»

* Prénoms d’emprunt.

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