Communication  

Des enquêteurs payés pour vérifier les profils de sites de rencontres

Qui sont vraiment les utilisateurs de sites de rencontres? Passé quelques échanges en ligne, sont-ils dignes de confiance? Suite à une mauvaise expérience, l'Américaine Julie Nashawaty a créé une compagnie d’enquêteurs privés à l’affût de profils douteux

Les potentiels prétendants sortant tout droit d’applications ou de sites de rencontres ne sont pas toujours de bonne fréquentation. Le journal anglais The Independant a récemment consacré un article aux mésaventures nées en ligne, et à la manière dont une victime a retourné la situation.

Parmi les divers profils consultés en ligne, cet homme avait le plus de chance de lui plaire. Julie Nashawaty a décidé d’aller à la rencontre de son prétendant. «Le courant est tout de suite passé, nous nous sommes envoyé quelques messages et sommes devenus des amis Snapchat», a-t-elle déclaré. «Nous avions décidé de nous voir un lundi, nous ne pouvions attendre plus longtemps.»

Mais juste avant de le rencontrer en personne, la jeune Américaine a décidé de faire une rapide recherche en ligne. C’est à ce moment-là qu’elle a découvert que: «Ce beau mec avec qui j’avais un rendez-vous d’ici à deux jours avait braqué une banque un an plus tôt.»

Mais elle n’est pas la seule dans ce cas. L’une de ses amies s’apprêtait à rencontrer l’un de ses matchs Tinder, lorsqu’elle a découvert – après avoir tapé son nom sur Google – qu’il était presque allé en prison suite à une altercation dans un club deux ans plus tôt.

Un besoin d’enquêteurs professionnels sur le Web

Des expériences comme celles-ci ont donnée l'idée à Julie Nashawaty qu’il existe une place sur le marché pour les vérifications de profils issus de sites de rencontres. Elle a fondé son entreprise: Aste.

Certaines statistiques tendraient à justifier de telles vérifications, selon des chiffres cités par The Independant:

  • 10% des délinquants sexuels utilisent des sites de rencontres en ligne.
  • 3% des personnes présentes sur ce genre de plateforme en ligne sont diagnostiquées comme étant des psychopathes.
  • 51% des inscrits sont déjà en couple (12% sont mariés).
  • 10% des membres sur les sites de rencontres gratuits sont des escrocs.
  • 81% des inscrits se trouvent être de faux profils.

Voir l’article original: Meet the private investigators paid to check out online dating matches before you meet them

Une hausse de la criminalité depuis Tinder et Grindr

L’année dernière au Royaume-Uni, la National Crime Agency a révélé que les crimes liés aux rencontres en ligne avaient augmenté de 450% en cinq ans. Avec la montée des rencontres en ligne, la nécessité de trouver des manières de garder les gens en sécurité est en constante augmentation. Des écriteaux comme celui-ci sont d’ailleurs de plus en plus courants dans les bars:

Dans la mesure du possible, il est préférable de savoir si la personne a un casier judiciaire ou est potentiellement dangereuse avant de la rencontrer. Mais tout un chacun ne se sent pas forcément assez confiant et à l’aise dans la recherche de preuves sur la base d'une suspicion. Et lorsque les seules informations disponibles sont un prénom, un titre d’emploi et peut-être une université, ou si la personne a une présence minimale sur les réseaux sociaux, il s’avère difficile d’en savoir plus à partir d’un moteur de recherche de base.

Investiguer le Web pour des rencontres plus sûres

Selon The Independant, la plupart des sites de rencontres n'effectuent pas de vérifications sur leurs utilisateurs, et c’est là que les professionnels entrent en jeu.

Avec sa société, Julie Nashawaty emploie une équipe d’enquêteurs privés qui travaillent à rendre les rencontres en ligne plus sûres. Pour cela, il suffit d’envoyer les informations de son match et, dans les 24 heures, les enquêteurs enverront une vérification complète des antécédents du potentiel rencard.

Et aussi incroyable que cela puisse paraître, 45% des personnes qui ont fait l’objet d’une enquête cachaient quelque chose: 9% étaient mariés, 9% avaient des casiers judiciaires remplis, 11% donnaient de fausses informations et 16% étaient de faux profils.

Suivre son intuition

Souvent, les personnes qui demandent l’aide de Aste soupçonnent déjà quelque chose: «Nous avons eu beaucoup de commentaires nous confiant que leurs intuitions correspondaient aux informations que nous leur avions fournies», a déclaré la jeune patronne.

Avec de nouvelles applications dédiées qui sortent sur le marché chaque semaine, l'appétit de rencontres ne montre aucun signe de diminution. Dès lors, dans quelques années peut-être, des vérifications d’antécédents sur nos diverses correspondants pourraient devenir la norme. «Tout le monde mérite d’avoir quelqu’un à qui s’adresser pour être aidé dans sa quête de l’amour», plaide Julie Nashawaty.

Publicité