Peut-on critiquer la gestion de la crise du Covid-19 sans être qualifié de «dangereux complotiste»? De l’autre côté du spectre, peut-on défendre une stratégie de santé publique sans recevoir de menaces en tous genres? Pour résumer, peut-on (encore) se parler et vivre ensemble quand nos avis divergent sur un sujet qui cristallise toutes les émotions: la vie, la mort et notre responsabilité collective en la matière? Alors que la pandémie exacerbe les discours et ouvre la voie aux extrêmes de tout bord, il devient parfois difficile d’exprimer un avis nuancé. Comme si, entre santé et économie, entre jeunes et aînés, il était nécessaire de choisir son camp sans ambiguïté.

Ces derniers jours, plusieurs cas d’école ont illustré ce manichéisme. La presse dominicale s’est notamment fait l’écho d’enquêtes sur cinq cas de menaces ou d’insultes à l’encontre de conseillers fédéraux dans le cadre de la gestion de la pandémie. Plusieurs membres d’exécutifs cantonaux ont également été insultés ou menacés sur internet. Des atteintes qui se sont multipliées depuis l’apparition de vaccins anti-covid.