Les lames reluisent. Les machettes trônent sur la table. C’est lui qui les a forgées de ses mains. Lui: des chaussures de cuir montantes noires, une tenue vert militaire, une tête de mort argentée vissée à la ceinture et une voix de velours. «Je suis vivant, je ne peux pas ne pas regarder la mort dans les yeux. C’est ce qui donne le goût de la vie.» Ce vendredi après-midi, nous sommes au cœur du Jura bernois, à Péry-La Heutte, devant l’entrée du premier Salon du survivalisme de Suisse. Le courant, né dans les années 1960 aux Etats-Unis, a connu ces dernières années un spectaculaire regain d’intérêt, pandémie oblige. L’événement vient d’ouvrir ses portes, et le forgeron Frank Johner allume notre curiosité.