A Berne, plus encore que la visite de la fosse aux ours ou la foire aux oignons, la descente de l'Aar fait partie des coutumes locales. Pendant l'été, les bureaux se vident à 12 heures (précises), et c'est toute la ville qui afflue vers la rivière, pour une longue pause ou, carrément, un après-midi de détente. Aucun Bernois ne résiste au plaisir de se laisser emporter par le courant de sa rivière.

Mais tout se mérite. D'abord, il faut descendre, derrière le Palais fédéral, dans le quartier du Marzili, par un des nombreux chemins escarpés. Puis déposer ses affaires aux bains, gratuits et surpeuplés, dans l'un de ces petits casiers en métal au charme tout helvétique. Enfin, suivre la procession: le long du chemin qui borde l'Aar, ils sont des centaines à remonter la rivière.

Le bonheur commence ici, lors de cette montée. Chacun guette l'accès idéal aux flots. Les plus téméraires sauteront d'un pont, les plus sages attendront une petite plage, les plus sportifs marcheront encore et encore jusqu'à se retrouver seuls. Il existe encore une variante: certains descendent l'Aar un sac poubelle à la main. Ils se rendent au travail et le sac contient leurs agendas, habits et autres dossiers qui ne supportent pas l'eau.

Première impression en entrant dans l'eau: oui, elle est froide. Rarement au-dessus de 22 degrés. Le courant est assez fort: aux endroits où l'on a pied, difficile de rester debout. Sans effort, on glisse à l'allure d'un pas rapide (peut-être 6 ou 7 kilomètres/heure). Pendant le voyage, on n'hésite pas à discuter avec son voisin de promenade: l'Aar est conviviale.

Dernière étape, vitale: ne pas rater les rampes, à la hauteur de la piscine, qui permettent de s'agripper et de sortir à temps. Plus loin, l'eau est dangereuse: à moins que quelqu'un ne vous lance une bouée depuis la rive, ce serait votre dernière descente.

Température de l'eau et autres infos: www.aaremarzili.ch