La Suisse et les Etats-Unis ont entamé des discussions sur l'exigence américaine d'obtenir les données personnelles des passagers récoltées par les compagnies aériennes. Berne n'est cependant pas disposé à concéder un libre accès aux systèmes de réservation.

L'exigence américaine s'inscrit dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Une première entrevue a eu lieu vendredi à Washington, a indiqué l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) dans un communiqué. La délégation suisse était conduite par Urs Haldimann, directeur du centre de compétences «affaires internationales» à l'OFAC.

Les responsables américains de la sécurité exigent depuis début mars de pouvoir accéder aux données récoltées lors de la réservation des billets, comme les numéros de téléphone privés, les adresses des clients ou encore le mode de paiement. Une partie de ces informations doit déjà être inscrite dans les formulaires d'entrée aux Etats-Unis.

D'autres informations récoltées par les compagnies sont en revanche beaucoup plus sensibles, comme des demandes de type médical, ou des vœux particuliers des passagers, qui permettent des déductions sur leur religion, a expliqué samedi à l'ATS Urs Haldimann.

Après la signature d'un accord provisoire, l'Union européenne négocie toujours avec les Etats-Unis. Certaines compagnies européennes permettent toutefois déjà aux autorités américaines d'entrer librement dans leurs systèmes de réservation, selon Urs Haldimann. La Suisse n'entend pas aller aussi loin et préfère une solution où les compagnies transmettraient elles-mêmes les données.

Si les deux pays parvenaient à un accord sur les requêtes américaines, Berne profiterait de demander en contrepartie des facilités pour les citoyens suisses à l'entrée aux Etats-Unis. Vendredi à Washington, la délégation suisse a ainsi abordé la question des visas. Berne espère en effet une solution transitoire dans ce domaine, tant que les retards dans la délivrance du nouveau passeport à croix blanche ne seront pas comblés. Dès octobre, les autorités américaines réclameront en effet un visa aux Suisses qui ont encore l'ancien passeport.

Un report de ce délai sera très difficile à obtenir, note Urs Haldimann. La délégation suisse a ainsi proposé que Washington dispense de visas les personnes qui présenteront, outre le vieux passeport, leur carte d'identité. Une idée que les Américains ont promis d'étudier.