Des mises en garde effrayantes comme «fumer provoque l'impuissance» couvrant au moins 40% de l'une des faces du paquet, des teneurs maximales en goudron et en nicotine, l'interdiction des dénominations «light» et «mild»… : les fabricants de cigarettes devront se plier à des règles draconiennes pour écouler leurs blondes dans l'Union européenne à partir d'octobre 2002.

Condamnés à de lourdes amendes aux Etats-Unis, attaqués en justice par la Commission de Bruxelles qui les soupçonne d'alimenter la contrebande, les fabricants de cigarettes vivent des jours difficiles. Et ce n'est pas l'Union européenne qui va leur faciliter la vie sur l'un des marchés les plus rentables du monde (100 millions de fumeurs).

Suite à un accord intervenu mercredi entre les Quinze et le Parlement européen, les cigarettes fabriquées et commercialisées dans l'Union ne pourront plus avoir, dans un an et demi, des teneurs supérieures à 10 mg pour le goudron et le monoxyde de carbone, et de 1 mg pour la nicotine. Un durcissement de la législation actuelle, qui n'impose de seuil que pour le goudron (12 mg). Ces teneurs maximales devront figurer sur une tranche du paquet «de façon à couvrir au moins 10% de sa surface».

Pour combattre le tabagisme qui tue chaque année 500 000 personnes dans l'Union, des mises en garde générales comme «fumer tue», «fumer peut tuer» et «fumer peut sérieusement nuire à vous et à votre entourage» devront couvrir au moins 30% de la face avant du paquet (contre 4% aujourd'hui).

Photos dégoûtantes imprimées sur le paquet

Au verso, les Quinze auront le choix entre des avertissements plus ciblés tels que «les fumeurs meurent prématurément» ou «fumer enceinte menace votre bébé». Cigares, cigarillos, tabac à rouler et tabac à pipe seront logés à la même enseigne. Des mesures plus radicales encore sont envisagées: la Commission proposera d'ici à la fin 2002 au plus tard des règles pour l'impression sur le paquet de photos couleurs montrant des poumons ou des dents noircies, à l'instar de ce qui se fait déjà au Canada.

Enfin, les dénominations comme «légères» (light, mild ou superlight) seront interdites au même titre que les marques déposées telles que Marlboro light, dans la mesure où elles rassurent les fumeurs au lieu de les dissuader. N'en déplaise au lobby des fabricants qui s'y opposait, la directive (loi) européenne s'appliquera dès 2005 également aux cigarettes exportées hors de l'Union, vers la Suisse par exemple.