Ils sont connus en allemand sous le terme de «Raser», automobilistes roulant à fond de train, et ils font l'actualité en Suisse alémanique. «Ils», ce sont ces conducteurs, masculins en général, jeunes, au volant souvent d'une grosse cylindrée, qui n'écoutent que leurs instincts et foncent littéralement à tombeau ouvert sur les routes helvétiques. Le dernier accident qui a frappé les esprits remonte au 15 juin dernier (Le Temps du 18 juin), lorsqu'une des deux voitures se livrant à une course de vitesse dans la campagne zurichoise percute un pilier en béton: après le passager, 16 ans, tué sur le coup, le conducteur, 18 ans, n'a pas survécu à ses blessures et est mort au début de cette semaine. La police zurichoise n'indique pas son origine, mais la presse alémanique s'en est chargée: le jeune conducteur était serbe d'origine.

Car pour corser la discussion, le nombre de jeunes hommes originaires de l'ex-Yougoslavie semble en effet être supérieur à la moyenne dans cette catégorie de risque-tout. C'est ce qu'affirme en tout cas haut et fort le chef de la police de la circulation saint-gallois, Peter-Martin Meier. Il est un des invités ce vendredi à l'émission de la TV alémanique Arena pour débattre du thème, aux côtés de la ronde habituelle des politiciens. Les autres polices sont plus circonspectes sur l'origine des responsables d'accidents dus à des excès de vitesse, mais tout autant préoccupées. La police zurichoise transmet de plus en plus souvent les cas graves au juge d'instruction, ainsi celui d'un Suisse de 29 ans qui roulait la semaine dernière sans permis à 82 km/h dans une zone à 30. Elle attend beaucoup du procès exemplaire, cet été, d'un chauffard suisse, à qui son véhicule a été confisqué comme «arme dangereuse».

L'UDC zurichoise n'a pas laissé passer l'occasion. Le député Claudio Schmid de Bülach vient de déposer une interpellation demandant que soit fournie la nationalité de toutes les personnes impliquées dans un accident de la route de 2001 à 2003 et les éventuelles mesures que le gouvernement compte prendre contre «ces groupes d'étrangers.»