L'association d'assistance au suicide «Exit Deutsche Schweiz» a ouvert ses archives en 2000 afin de permettre aux chercheurs de l'Institut de médecine légale de l'Université de Zurich de mener une large étude sur la nature des cas traités par l'association. C'est une première. Les résultats de l'étude sont tombés hier, et celle-ci sera publiée dans la prochaine édition de la revue scientifique Swiss Medical Weekly*.

Le nombre de cas a triplé

L'association a aidé 748 personnes à mourir entre 1990 et 2000. Cela représente 4,8% des suicides et 0,1% des décès recensés en Suisse pour cette période. Le nombre de cas a triplé pendant ces onze ans. Les personnes assistées provenaient en grande majorité de cantons alémaniques (94%) et protestants (74,6%), et davantage de régions urbaines (65,5%). La proportion des Romands ne s'est élevée qu'à 3,6%.

Les personnes qui se sont suicidées avec l'aide d'Exit Suisse alémanique étaient âgées en moyenne de 73 ans pour les hommes et de 72 ans pour les femmes. Avec une proportion de 54,4%, ces dernières sont «nettement surreprésentées». Elles le sont particulièrement (76%) dans les cas où le diagnostic ne concluait pas à une maladie incurable. Georg Bosshard, de l'Institut de médecine légale, a analysé les diagnostics pour les 331 suicides assistés par Exit dans le canton de Zurich. Près de 80% des personnes souffraient d'une maladie dont l'issue était fatale, soit 47,4% du cancer, 11,8% de problèmes cardio-vasculaires ou respiratoires, 7,3% du sida et 12,4% de maladies neurologiques.

Affections rhumatismales

Dans les autres cas (21%), un tel diagnostic n'a pu être établi. Pour la plupart, il s'agissait d'affections rhumatismales (arthrite, arthrose) ou d'ostéoporose, de douleurs chroniques et d'autres souffrances diffuses. Neuf personnes ont désiré mourir parce qu'elles étaient atteintes de maladies psychiques (dont huit dépressives). Sous le contrôle d'un comité pour l'éthique depuis 1998, de tels cas font l'objet d'un examen particulier. En principe, Exit déconseille l'assistance au suicide aux personnes malades psychiquement. Elle donne suite à un tiers de ces demandes environ.

Jusqu'en 1997, les substances létales étaient prises oralement seulement. Elles ont ensuite été administrées par voie intraveineuse ou avec un cathéter.

Exit Suisse alémanique compte aujourd'hui plus de 50 000 membres, soit presque 1% de la population helvétique.

* Le rapport peut déjà être consulté sur Internet (www.smw.ch).