Curieux mot, non? Surtout quand on découvre que cette «expasse» correspond à la sortie d’une impasse. Le mot émerge du registre des joueurs de cartes, et pour autant que lesdits jeux comportent un atout. Par exemple, il est signalé par les amateurs de bridge. Un forum de pratiquants précise ainsi: «Nous connaissons tous l’impasse, l’expasse est une sorte d’impasse d’affranchissement par la coupe!»

Soit. Cependant, pour le plus commun des mortels, les arcanes de ce jeu singulier demeurent obscurs. Affranchie sur la question, Wikipédia tente d’éclairer le non-initié: l’expasse survient au moment où «une possibilité de coupe permet de ne pas perdre de levée si la manœuvre réussit».

On l’imagine, les cartes fournissent des termes à foison. Véritable creuset national, même au plan linguistique, l’helvétique jass n’en manque pas, avec ses rugueux germanismes, le nell puis le stöck – qui s’écrit sans ce «rrr» final pourtant bien présent dans le phrasé raclé des lutteurs sur table.

Dans le champ lexical des jeux de cartes, on cueille par exemple la retourne, qui peut précéder une expasse: cette retourne désigne la carte que l’on découvre après distribution des lames, afin de déterminer l’atout.

De manière piquante, «à la retourne», ou «les avoir à la retourne», fustige une paresse coupable. Il s’agirait d’une variation sur le fait d’avoir les bras retournés. Si l’on dit que son patron «les a à la retourne», on l’accuse d’une déplorable fainéantise. Rien de tel, bien sûr, dans les méninges en surchauffe des joueurs de bridge.