Après avoir adopté, en janvier dernier à Shanghai, un rapport inquiétant sur le changement climatique à venir (LT du 17 janvier), les Nations unies se penchent sur les conséquences du réchauffement pour l'économie, la société humaine et les écosystèmes. Les délégués des pays membres de l'ONU sont réunis à Genève depuis hier et jusqu'au 16 février pour adopter un rapport sur ce sujet. Le texte qui doit être approuvé cette semaine constitue le second volet d'une vaste étude établie par le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), un organe chargé d'évaluer les connaissances scientifiques dans le domaine. Le troisième volet portera sur les moyens de faire face aux changements climatiques. Il sera adopté au début du mois de mars à Accra, au Ghana. L'ensemble des trois études formera le nouveau «rapport d'évaluation du GIEC», un document qui servira de base aux négociations climatiques futures, et dont la seconde et précédente version remonte à 1995.

Effets «irréversibles»

Quelle est la teneur du chapitre discuté à Genève? Le document provisoire qui se trouve sur la table des négociateurs annonce des conséquences «significatives et irréversibles» pour l'économie, la santé publique et les paysages de nombreuses régions du globe. Il s'efforce de détailler, sur la base des connaissances actuelles, les conséquences locales très variables que pourra avoir un réchauffement moyen de 1,5 à 6 degrés d'ici à 2100. Les régions proches du niveau de la mer sont particulièrement menacées, de même que les zones arides. Le réchauffement touchera les espaces naturels, spécialement les côtes et les régions d'altitude. L'élévation des températures, même si elle reste limitée à 2 degrés, menace de nombreuses espèces animales. Selon les experts, une élévation modérée des températures moyennes (2 à 3 degrés d'ici à 2100) aura déjà des incidences sur l'économie des pays en voie de développement. Si elle s'avère plus importante, c'est l'ensemble de l'économie mondiale qui sera affectée.

Le «résumé pour décideurs» que les négociateurs doivent adopter lundi intégrera de nombreux détails supplémentaires. «Les délégués cherchent à faire reconnaître les problèmes qui touchent leur région, observe José Romero, l'un des négociateurs suisses présents à Genève. Nous allons ainsi demander l'ajout d'un paragraphe sur l'avenir des glaciers et du gel de profondeur, un problème qui touche particulièrement la Suisse.»