Chaque 14 février, en Inde, désormais, c'est le même scénario: les mouvements nationalistes ultraconservateurs s'en prennent à la fête de la Saint-Valentin, dans un climat de «revivalisme» hindou. L'an passé déjà, des amoureux avaient été molestés pour avoir manifesté des signes de leur attachement ce jour-là. Cette année, des incidents isolés ont été signalés en Inde. Responsables? Des groupes fondamentalistes hindous qui avaient juré d'empêcher toute célébration de cette «fête impudique» symbolisant selon eux, «l'invasion culturelle occidentale».

A New Delhi, la capitale, des militants du Shiv Sena, parti fondamentaliste qui entretient des liens avec la coalition nationaliste au pouvoir en Inde, ont lancé des opérations contre des magasins vendant des cartes de la Saint-Valentin, des hôtels et des restaurants, notamment un Wimpy. Aucune victime n'a cependant été signalée.

Dans la ville de Lucknow, les autorités ont fermé l'université par crainte d'incidents. Des militants hindous ont circulé pendant toute la journée dans les centres commerciaux en vue de décourager les jeunes d'acheter des cartes de la Saint-Valentin ou de «succomber» aux symboles de cette fête «manipulée par les multinationales».

A Mumbay (ex-Bombay), la police avait été déployée en force pour éviter une répétition des incidents de la veille, au cours desquels des activistes avaient notamment attaqué des magasins. «Qui sont-ils pour nous dire comment exprimer l'amour», a lancé Bal Thackeray, chef du Shiv Sena, à propos de la mode de la Saint-Valentin qui a eu un certain impact ces dernières années auprès des jeunes Indiens des métropoles.