C’est à la fin octobre que Facebook livrera urbi et orbi ses chiffres de fréquentation mondiale pour le troisième trimestre. Ce qui n’empêche pas les spécialistes de chaque pays de carburer en coulisse pour dresser le paysage de leur région respective, via les instruments de marketing à leur disposition. Aujourd’hui, c’est l’agence Bernet qui lâche son constat.

43% de la population suisse sur Facebook

Commençons par le coup d’œil général: la place du marché où les Suisses discutent, chipotent, commentent, partagent, rient, pleurent, likent ou se moquent, c’est définitivement Facebook. 43% des habitants du pays sont des usagers de la plateforme. A égalité, certes, avec une autre plateforme, mais où l’on se contente surtout de voir des vidéos, YouTube. Le bulletin de victoire ajoute: 43%, chiffre en hausse de 2,7% depuis le début de l’année. De quoi sabrer le champagne. Première leçon, dans cette euphorie: si vous voulez être en prise avec ce qui émeut et pulse sous nos latitudes, c’est sur ce réseau social qu’il faut traîner ses basques et observer.

Le problème des utilisateurs passifs

L’euphorie passée, revenons sur ce «traîner ses basques»: on ne choisit pas cette expression sans une arrière-pensée, car c’est là que les choses se corsent, comme le pointe l’agence Bernet. Laquelle cite une étude allemande parue au début de l’année 2015, «Social Media Atlas 2014-2015» menée pour la société de consulting Faktenkontor et l’institut d’étude de marché Toluna: «Les chiffres de Facebook n’apparaîtraient que superficiellement bons. Car, pour la première fois il y auraient en Allemagne plus de la moitié des usagers qui seraient ce qu’on appelle des «lurkers», des utilisateurs passifs qui se contentent de consommer des contenus, mais qui n’en apportent aucun.»

Pareille étude n’existe pas (pas encore?) pour la Suisse. Mais le phénomène s’observe partout dans le monde, il serait donc étonnant que la Suisse y échappe. Il met en évidence une des hantises des gens de marketing: les usagers qui absorbent des contenus (en langage moins châtié on parle dans le jargon du net de «suceurs»), mais ne participent pas vraiment, ne s’engagent pas vraiment dans la conversation. Privant ainsi les professionnels de toute la profondeur d’une de leurs mesures préférées: le taux d’engagement et d’interaction avec les contenus.

Il pointe aussi un des sujets d’irritation récurrent des usagers actifs et participatifs de Facebook: cette armée de fantômes parmi vos amis qui ne se manifestent jamais, mais observent et épient comme au temps antique des commères du village dissimulées derrière les jalousies.

Facebook vieillit

Lorsqu’on observe le paysage dans le détail, on constate ensuite qu’un trend général se confirme: Facebook vieillit, 60% de ses utilisateurs ont plus de trente ans. Et il intéresse de plus en plus les générations de plus de 50 ans, autrement dit les seniors (si vous êtes l’un d’eux) ou les vieux (si celui qui parle est plus jeune…): c’est là que la croissance est la plus forte.

Les Millennials, le groupe le plus important

Mais que l’on ne s’y trompe pas: le groupe d’âge le plus important reste les jeunes de 20-29 ans (les «twens», comme dit le marketing) avec près d’un million d’usagers, suivi des 30-39 ans. Manière de constater aussi que les fameux «Millennials», cette génération née entre le début des années 80 et le tout début des années 2000, restent encore très largement tributaires de Facebook, même si les plus radicaux d’entre eux voudraient nous faire croire le contraire. La réalité est tout autre: les Millennials n’ont pas abandonné la plateforme: ils l’utilisent différemment, maîtrisant mieux que leurs aînés les paramètres de sécurité et les moyens de se rendre plus discrets, mais pas moins actifs.

Conclusion: aujourd’hui, en Suisse, Facebook est tout simplement incontournable.