Mode

Fashion Week de Paris: les bourgeoises à l’assaut de la capitale

Marre du streetwear: pendant la dernière Fashion Week, le classicisme raffiné a repris ses droits sur l’élégance du XXIe siècle. Une bonne nouvelle?

A qui s’adresse la mode? Depuis quelques années, les marques de luxe n’ont qu’un seul mot à la bouche: millennials. Globalisée, ultra-connectée, cette jeune génération passe pour un arbitre incontesté des nouvelles élégances et, surtout, pour un incontournable réservoir de consommateurs. Résultat, des podiums inondés de logos (le millennial est un narcissique), de baskets à grosses semelles (le millennial arpente les villes sans voiture), de bas de jogging informes (le millennial aime le confort et abhorre la contrainte).

En 1989, le politologue américain Francis Fukuyama affirmait que la fin de la guerre froide marquait «la fin de l’histoire», soit la prééminence de la démocratie libérale sur les autres formes de gouvernement. En ce début de XXIe siècle, les millennials sont censés préfigurer, eux, la fin de la mode, ou la suprématie absolue et définitive du streetwear néo-nineties. Mais, en matière de science politique comme de style, les théories sont faites pour être contredites.