Maïa Mazaurette est une journaliste et essayiste spécialiste des questions relatives à la sexualité. Deux fois par mois, elle livre au Temps son regard sur une question d'actualité.

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Alors que s’annonce un été placé sous le signe du masque plutôt que sous celui du bal masqué, la question du baiser se retrouve littéralement sur toutes les lèvres. S’embrassera-t-on encore – et comment? Cette interrogation paraît purement rhétorique: à part dans les photographies de Doisneau, personne ne s’amuse à embrasser les inconnus dans la rue. Tant que les discothèques et festivals musicaux resteront annulés, la perspective de pelles et patins spontanés reste sagement remisée dans la cabane à outils, tout au fond du jardin.

Et pourtant, même les baisers non spontanés, légitimes, voire chastes, entrent soudain dans le royaume de la suspicion: cette pratique autrefois si banale comporte désormais un risque. Alors, faut-il écrire la nécrologie du baiser? Bien au contraire! L’occasion est parfaite de consacrer à cette pratique toute l’attention qu’elle mérite… tout en remettant les pendules à l’heure.