■ Pourquoi faut-il boire chaud quand il fait chaud?

Une bonne citronnade bien fraîche… un plaisir, oui, mais illogique. A la différence des reptiles et des amphibiens, nous sommes homéothermes, notre température interne reste constante, autour de 37 degrés grâce à la sudation. Mais parfois, notre corps a besoin d’un petit coup de pouce. Alors que boire? Un thé vert, ce que boivent les Touareg dans le désert, fait remonter la température interne et nous oblige à transpirer. Cette augmentation de la transpiration permet d’évacuer de la chaleur.

Une citronnade, elle, va envoyer un signal «frais» temporairement: notre corps va donc arrêter de transpirer, augmentant la chaleur interne. Quand on transpire, c’est donc bon signe! Suer oui, mais pas à grosses gouttes. C’est prendre le risque de se déshydrater. Il est donc conseillé de ne pas boire trop chaud. Boire tiède? Non plus, car il faut boire régulièrement en été et, pour le faire, il faut en avoir envie. A consommer avec modération donc… et sudation.

■ Pourquoi l’eau chaude gèle-t-elle plus vite que l’eau froide?

L’eau chaude gèlerait plus vite que l’eau froide. Connu depuis l’Antiquité, ce phénomène contre-intuitif a été redécouvert par un étudiant tanzanien en 1963 appelé Erasto B. Mpemba. D’où son nom: l’effet Mpemba. Plusieurs hypothèses sont avancées pour l’expliquer. L’évaporation de l’eau chaude étant plus rapide que celle de l’eau froide, cela diminuerait la masse et accélérerait le processus. Ou alors, il serait dû aux gaz dissous dans l’eau chaude. Et la surfusion, cet état d’une matière qui demeure en phase liquide alors que sa température est plus basse que son point de solidification? L’eau chaude y serait moins sensible.

Enfin, selon une étude de 2012 menée par le chercheur Nikola Bregovic, le phénomène serait dû aux mouvements de convexion: l’eau se refroidit d’abord sur les bords et le gradient de température plus élevé dans l’eau chaude entre le centre et les bords accélérerait le processus. Mais une étude de 2016 explique que l’effet Mpemba n’existe pas, l’expérience étant très difficilement reproductible, critère numéro un en sciences.

■ Pourquoi les planètes sont-elles rondes?

Des millions de grains de poussière s’agrègent et paf, ça fait une planète! En réalité, ce n’est pas si simple. Le processus ne se déroule pas aléatoirement, mais grâce à la force de gravité: plus deux corps sont proches et lourds, plus ils s’attirent.

Ainsi, de petits paquets de poussière, en attirant d’autres paquets, ont donné les planètes du système solaire. S’il y a peu de reliefs lorsqu’on regarde ces dernières de l’espace, c’est pour la même raison. Plus la planète est lourde, plus les montagnes sont attirées vers elle et donc aplanies. Mars, plus petite que la Terre, a donc une montagne de 36 kilomètres de haut alors que l’Everest culmine à… 8 kilomètres.

Mais cette force de gravité n’est assez conséquente pour provoquer cette rondeur que lorsque le corps est assez massif, dès 1000 kilomètres de diamètre. Les astéroïdes sont souvent trop petits pour être ronds et conservent leurs aspérités. Cette gravitation est peu limitée par le fait que la planète tourne sur elle-même: la force centrifuge aplatit les pôles.

Notre première série de «pourquoi...?»: Pourquoi les chatouilles nous font-elles rire? et autres questions curieuses

■ Pourquoi dormons-nous?

On passe vingt-cinq ans de notre vie à dormir. La plupart des espèces animales dorment également. Puisque c’est du temps en moins pour se reproduire et se nourrir, c’est bien que cela doit servir à quelque chose. Oui, mais à quoi?

Tout d’abord, ce n’est pas parce qu’on dort que notre cerveau est à l’arrêt. Certaines zones de celui-ci sont au repos comme celle responsable du mouvement, pour nous empêcher de faire ce que nous rêvons. D’autres sont bien réveillées. Et il y a autant de zones que d’hypothèses! Dormir nous servirait à mémoriser et à apprendre ce que nous avons vu dans la journée. Cela serait utile pour restaurer ce que nous avons utilisé. Cela stimulerait la création de nouvelles cellules et la production d’hormones. Certains disent que cela permettrait de conserver et d’économiser de l’énergie. Mais cette dernière hypothèse a été plutôt contredite… Dormir, pour recharger les batteries, oui; pour les économiser, non.

■ Pourquoi a-t-on besoin de s’étirer?

Le réveil sonne, on bâille. Et l’on s’étire! Ces gestes qui font partie de notre quotidien ne sont pas si anodins. L’étirement, ou «pandiculation» pour les spécialistes, a été observé chez presque tous les vertébrés. Il apparaîtrait chez l’homme même avant sa naissance, dès la douzième semaine de grossesse. Après avoir été à l’arrêt pendant plusieurs heures, notre corps a besoin de se reconnecter à la réalité.

Pour cela, rien de tel qu’un petit check-up corporel ou «intéroception»: on contracte tous nos muscles, ce qui stimule une zone de notre cerveau, l’insula, qui nous fait prendre conscience de notre corps et de ses limites. Ces étirements sont aussi indispensables pour nos muscles afin de supprimer la sensation de raideur matinale. Ils les gardent souples, les réoxygènent et préviennent les douleurs articulaires. Et ils ne sont pas bons que pour notre réveil! On peut s’étirer au bureau et après le sport.