Ce fut donc ce 21 juillet, en 1969, à trois heures, cinquante-six minutes et quinze secondes, heure de Suisse. Neil A. Armstrong posait le pied sur la Lune et lançait la fameuse phrase, ruminée durant des semaines par les communicateurs de la NASA – et que lui-même, à en croire les rumeurs, trouvait plutôt couillonne: «Un petit pas pour l’homme», etc.

En l’occurrence, la grosse chaussure gauche d’Armstrong se posait sur de la régolite, un édredon de débris. Le terme relève de la géologie générale, mais a pris un sens particulier sur la Lune, car là, ce manteau lunaire a été constitué au fil des bombardements météoriques. L’épaisseur de cette poussière d’étoiles, au sens littéral, varie entre un et 10 mètres de profondeur. Le sol de la Lune est d’abord poudreux. Dans les continents, ses parties claires, sa composition comprend des «brèches d’anorthosite», associées à des norites, et quelques basaltes, précisent les spécialistes. Ces «brèches», des conglomérats de divers éléments, sont essentiellement ­formées de feldspath cacique. Bien connu des géologues, le «feldspath» désigne un silicate d’aluminium, de potassium et de sodium. Un minerai très courant dans la croûte terrestre.

De la duveteuse régolite au solide feldspath, le vocabulaire lunaire joue son Pierrot. Aussi, il tendrait à prouver que la sphère nocturne est bien la petite sœur rêvée des Terriens, ses roches ressemblant tant aux nôtres.

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