Santé

Que font les femtechs de nos données «intimes»?

Coupe menstruelle connectée, rééducateur pelvien connecté, bracelet de fertilité connecté: «Le Temps» a demandé à l’avocat spécialisé en protection des données Sylvain Métille de se pencher sur les pratiques de trois entreprises

Application de suivi du cycle menstruel, soutien-gorge connecté pour détecter une potentielle tumeur, tire-lait intelligent, et bientôt «smart-tampon» qui analysera le sang menstruel en quête de maladies: bienvenue dans le monde des femtechs, terme qui regroupe toutes les technologies (logiciels, produits, services) dédiées à la santé des femmes. Ce marché, nous vous le disions déjà en 2017, a explosé et poursuit sa phénoménale croissance: sa valeur est estimée à 50 milliards de dollars d’ici à 2025.

Données, chères données

Si le succès des femtechs est sous-tendu par la demande des utilisatrices, il pose également des questions liées à la sécurité et à l’utilisation des données partagées par ces dernières: consigner ses données médicales et autres détails intimes dans une application mobile n’a rien d’anodin. Plusieurs scandales l'attestent: en avril, le Washington Post démontrait que l’application de suivi de grossesse Ovia Health commercialisait les données de ses utilisatrices à des assurances et à des entreprises qui pouvaient ainsi surveiller leurs employées et économiser un petit pactole en frais médicaux. Peu avant, en février, l’application de suivi du cycle Flo était épinglée pour avoir partagé des informations intimes (dates d’ovulation, intention d’avoir un enfant) avec Facebook.