Diable, elles ont pris dix ans, mais point perdu leur charme! Les fesses sont un peu retombées, certes, mais elles ont gagné en caractère ce qu'elles ont perdu en fermeté. Comme une pêche, un rien trop vite cueillie, dont on attendrait que la chair s'attendrisse pour la croquer. On se souvient des délicieuses demoiselles «Sloggi» qui montraient leur derrière sur les panneaux d'affichage du pays, provoquant l'ire de certains milieux féministes et les hauts cris des censeurs.

Les unes s'insurgeaient du fait que le physique de ces créatures ne serait «pas réaliste», s'inquiétant d'un «conditionnement esthétique de la femme», tandis que d'autres criaient au danger du sexe offert aux yeux de tous. Personne, mis à part le commun des passants, ne semblait vouloir profiter des appâts de ces dames.

Un groupe de femmes zurichoises a fait mieux que la réaction outrée. Lundi, à la fin de la campagne de pub en question, l'association Ganzfrau a acquis les mêmes espaces publicitaires, plagié l'affiche incriminée, pour mettre, à la place des nymphes à peine pubères, quatre quadragénaires en string des plus minimaux. «Voyez-vous la différence?», voici le seul texte écrit sur l'affiche. Souriante, non didactique, amusante et pas dégoûtante du tout, la pub a fait le tour du pays et s'est attaché bien plus de sympathie dans la rue que les plus bruyants moralistes et autres adeptes de l'interdiction. A Zurich en effet, la plupart des passants se réjouissent de l'action en question.

Mais qui sont ces Ganzfrau («complètement femme»)? «Des femmes qui font la différence; des femmes qui resplendissent de joie de vivre; des femmes qui ont les pieds sur terre; des femmes qui dessinent le monde en compagnie des hommes.» Voici la description du groupe sur leur site. Réjouissant! Ganzfrau organise des séminaires, des cours et des expositions destinés principalement à la mère de famille. Leur philosophie s'inspire des théories très à la mode en Suisse alémanique du thérapeute Bernhard Brändli-Dietwyler.