Société

Pour les fêtes, donnez-vous!

Si le don est le leitmotiv du mois de décembre, il ne s’agit plus de le concevoir en termes de cadeaux, de dépenses ou de tout ce qui scintille. Le plus beau geste, c’est d'agir pour autrui

En ces jours de fêtes, Le Temps consacre une série d'articles au don de soi. Une façon de mettre à l'honneur celles et ceux qui se mobilisent pour le bien-être des autres

Les chapitres précédents: 

Le 5 décembre, on célébrait la journée mondiale du bénévolat. Instituée en 1985 à New York par l’ONU, elle doit inciter les sociétés et les gouvernements à reconnaître et à promouvoir le volontariat comme une activité indispensable. Car même sur le plan neurologique, la générosité active une sensation de bien-être. Si, si, c’est prouvé! Matthieu Ricard le souligne d’ailleurs dans son Plaidoyer pour l’altruisme: La force de la bienveillance.

Alors, pourquoi se priver d’offrir? Du temps, de la joie, des services, un sourire, sans qu’il soit question d’argent. Cinq parmi tant d’associations ou de fondations du panorama romand perpétuent cette notion d’entraide, de soutien et simplement d’amour de l’autre. Par leurs activités qui mobilisent un nombre toujours croissant de bénévoles, fidèles à la tâche depuis des années, elles s’impliquent dans des domaines d’activité aussi divers que le sport, la culture ou les loisirs, l’humanitaire, la santé, l’action sociale, la défense des droits, de l’environnement et de la biodiversité ou encore de l’éducation.
L’occasion d’effectuer quelques recherches sur les sites internet de ces organismes qui œuvrent pour mettre au service des autres l’énergie et les compétences de volontaires. Et c’est accessible à tous avec un peu de bene volentia, de la bonne volonté.

«C’est peu donner que donner de ce qu’on a. Le véritable don, c’est donner de soi» (Khalil Gibran).

La fondation Point d’Eau – Lausanne

Elle a été déclarée d’utilité publique. Les personnes démunies ou défavorisées y sont les bienvenues, sans distinction d’âge, de nationalité, de religion, de sexe, ou de statut légal en Suisse. Cette plateforme est un endroit très animé: «Depuis 2012, ce sont en effet chaque année plus de 30 000 prestations qui ont été fournies, parfois, nous ne parvenons pas à répondre à la demande. Nous recherchons régulièrement des dentistes, des ostéopathes et des podologues pour notre pool», explique François Chéraz, directeur de la fondation. Les utilisateurs bénéficient de services d’hygiène, de la coiffure à la simple douche. La surface de 250 m² comprend une buanderie, un cabinet dentaire, trois cabinets de massages thérapeutiques, intégrant des soins infirmiers et médicaux ou d’accompagnement psychologique. Le site internet permet de s’orienter quant aux besoins et aux modalités concernant les recommandations visant l’amélioration de l’accès aux soins des personnes les plus vulnérables.
web.pointdeau-lausanne.ch

L’Armoire à couvertures – Lausanne
L’instigatrice de ce joli projet s’appelle Cendrine Pouzet. L’entraide et le don de soi l’animent, ainsi que l’envie de contribuer activement au soutien des personnes dans le besoin. L’Armoire à couvertures s’est développée très rapidement: «Nous avons lancé un appel sur les réseaux sociaux pour trouver une armoire. C’était un jeudi et le samedi, nous l’inaugurions avec les premières donations, raconte son inspiratrice. Le soutien citoyen a été bluffant, en très peu de temps, nous avons collecté des centaines de couvertures, de sacs de couchage et de gants. En novembre dernier, nous avons pu, grâce à nos donateurs, acheter 200 sacs de couchage. L’entreprise qui nous les a fournis nous a également proposé 180 000 savons que nous avons pu redistribuer sur toutes les institutions de Vaud à travers la Centrale alimentaire de la région lausannoise (Caritas), ainsi que sur les camps de réfugiés.» Les portes de l’Armoire se sont déployées jusqu’en Syrie, où le surplus de savonnettes est arrivé. Comme quoi, chacun peut, avec peu.
www.facebook.com/armoirecouvertureslausanne

La Tuile – Fribourg
Cette organisation à but non lucratif offre un service complet. Non seulement elle héberge en urgence des personnes temporairement privées de logement mais le réseau social du canton de Fribourg lui prête main-forte, ainsi que les acteurs politiques concernés par les difficultés d’accès au logement, la précarité, l’exclusion et les problèmes liés aux addictions et aux troubles psychiques. Dans le cadre de ses événements, La Tuile organisait, entre le 8 et le 25 décembre, le 13e Festival de soupes. Avec succès. Le directeur, Eric Mullener, raconte: «L’objectif principal n’est pas simplement d’offrir une soupe mais d’ouvrir un endroit de mixité sociale. La Tuile organise une fête populaire qui n’implique pas seulement la solidarité mais devient un endroit où viennent des personnes qui n’ont pas spécialement de besoins dans une ambiance positive et festive. Tout est gratuit et le don de soi consiste en 450 bénévoles qui mènent à bien cette manifestation.» Cette manière de travailler englobe la société fribourgeoise dont les commerçants contribuent aux activités, les boulangers apportent leurs invendus et les associations philanthropiques d’étudiants organisent le loto. A La Tuile, les bénéficiaires ne se sentent pas exclus et reviennent aussi en tant que participants.
www.la-tuile.ch/evenements/festival-de-soupes

Le MIAM – Lausanne
Parce que ce qui semble superficiel fait simplement du bien à l’âme, le collectif MIAM, lire Mon instant à moi, organise des séances de cocooning à Lausanne. Pour qui? Quiconque vit dans la précarité et dans l’impossibilité de s’offrir des soins non médicaux. Une fois par mois le week-end de 13h à 18h, l’espace Saint-Martin ouvre depuis plus d’un an ses portes à ce collectif indépendant. MIAM procure du bien-être à une cinquantaine de personnes qui ressortent revigorées, réchauffées, avec mains et ongles, cheveux et sourcils remis en ordre grâce aux professionnels qui donnent de leur temps gratuitement. «Ce lieu est un carrefour. Il m’est arrivé d’héberger des personnes rencontrées sur place ou de leur fournir des informations vitales sur le reste du réseau bas seuil, explique Nawel Khemissa, éducatrice et coordinatrice RH de MIAM. Nous travaillons avec des privés et des institutions comme le Passage au Vallon, l’Echelle et la Soupe populaire de la Fondation Mère Sofia ou encore la Grenette à la Riponne où les bénéficiaires peuvent s’inscrire.» Les besoins sont grands, mais le réconfort apporté est proportionnel.
Pas de page Facebook ou de site.

Centre genevois du volontariat – Genève
«Depuis quarante-cinq ans, je représente une organisation centralisée dans le domaine du bénévolat», explique Lola Sasson, présidente du Centre genevois du volontariat. Fondée en 1973, l’association a pour objectif d’encourager le bénévolat dans les domaines social, culturel et sportif en recrutant des personnes désireuses de venir en aide à des particuliers ou à des institutions.

Trois cents bénévoles réguliers se répartissent une grille d’activités qui couvre les demandes des personnes âgées (visites et transports en voiture), les migrants (cours de langue), les enfants (ludothèques, soutien scolaire), ou encore l’aide administrative dans les associations. «Il ne faut pas faire d’amalgame entre le don de soi, qui suppose une notion de sacrifice, et le bénévolat dont nous faisons la promotion qui ne devrait être que le plaisir d’apporter un mieux-être ou un service à autrui», reprend Lola Sasson.
Le domaine d’activité s’étend aujourd’hui à chaque manifestation publique genevoise, car l’action bénévole représente un point crucial de la vie sociale: «Quelque 1500 volontaires s’inscrivent uniquement pour des activités ponctuelles: concerts, expositions, festivals, kermesses, nettoyage du lac, Samedi du partage, tenue de stands, vente.» A Genève, rien ne pourrait se faire sans leur aide.

www.volontariat-ge.org

La Soupe populaire – Lausanne
Universellement connue, la Soupe populaire, antenne de la Fondation Mère Sofia, vise le concret. L’endroit est ouvert tous les jours de l’année, l’accueil y est inconditionnel. Et c’est indiscutablement gratuit. Les bénéficiaires sont environ 250 par soirée, un peu moins, environ 200, en décembre en raison des Fêtes. Si Manor ainsi que de nombreuses boulangeries de la région fournissent leurs invendus, le plat de base est préparé avec de la marchandise achetée par les membres de la fondation. Les bénévoles aident à confectionner des colis alimentaires, pour les familles prioritairement, en plus de l’accueil et de la distribution du repas. En cas de surplus, l’excédent part souvent vers d’autres collectifs. «Pour aider, les volontaires, 16 par soir, acceptent une charte, où l’altruisme est de rigueur sans jugement, sans propos sexistes, racistes ou homophobes», dit Teo Roy, un des gestionnaires. L’échange est à la clé, la générosité et la bienveillance sont libres, sans obligation de revenir. Il insiste: «En revanche, quand on s’engage, on s’y tient.» De 18h à 22h, le service ayant lieu de 19h30 à 21h30 entre la mise en place avant et le débriefing après pour une organisation optimale. Fait touchant, les bénéficiaires sont nombreux à participer également comme bénévoles.
www.meresofia.ch

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