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Beyonce lors de sa performance au Super Bowl du 7 février.
© Jeff Kravitz

Société

La fierté black s'affiche: malaise chez les Blancs

Des artistes comme Beyoncé, Kendrick Lamar, Spike Lee ou Will Smith disent «ça suffit!». Tous sont des sympathisants du mouvement «Black Lives Matter» qui entend s'inviter dans la campagne des primaires présidentielles américaines

Depuis mercredi le hashtag #SiLesNoirsParlaientCommeLesBlancs cartonne sur Twitter. Le principe est simple, amusant, efficace: inverser les clichés racistes pour montrer combien, sans même s’en rendre compte, on peut être victime de ses préjugés. Comment? Par ignorance: «Tu es d’origine espagnole? Trop cool. Tu pourrais me faire une flammeküche?» Ou par esthétisme exotique: «Elle avait la peau couleur jambon et elle bougeait avec la grâce d’une louve du Périgord». Ou encore en transformant un fait divers en caractéristique culturelle: «J’suis pas raciste Julie, mais avoue que c’est toujours les blancs qui congèlent leurs gosses».

Ce hashtag francophone fait écho à l’autre grand détournement parodique de la semaine, «Le jour où Beyoncé est devenue noire», un sketch réalisé le 13 février par l’émission satirique américaine «Saturday Night Live». Construite comme la bande-annonce d’un film catastrophe, la vidéo montre la panique des Blancs, habitués à vivre entre Blancs, quand ils découvrent que Beyoncé, leur Beyoncé, leur pop star nationale, est afro-Américaine et qu’elle le revendique.

Sa prestation très Black Power au Super Bowl et son nouveau clip «Formation» où elle dénonce le racisme institutionnel et rappelle le passé esclavagiste de son pays ont choqué les Républicains qui l’ont accusé de faire «l’apologie de la cause noire». Certains d’entre eux ont appelé à manifester contre la chanteuse mardi 16 février à New York. Un flop total. Ils n’étaient que trois..

Il faut dire qu’entre-temps, le 15 février, il y a eu les Grammy Awards, marquée par l’exceptionnelle performance, visuelle et lyrique, du rappeur Kendrick Lamar. Fort de cinq récompenses, le Californien de 30 ans est arrivé sur scène menotté et entravé, tandis que des danseurs autour de lui entamaient une chorégraphie évoquant les violences policières contre les Noirs.

Lire aussi: Mais qui est Kendrick Lamar?

Oscar, un prénom de Blanc?

Le monde du cinéma n’est pas en arrière. Les appels au boycott à la soirée des Oscars qui se déroulera le 28 février se sont multiplié pour dénoncer une institution à 76% masculine et 93% blanche. Le réalisateur Spike Lee a décidé qu’il n’irait pas, tout comme l’acteur Will Smith et sa femme Jada Pinkett-Smith qui déclarait: «Les personnes de couleur sont toujours invitées à venir remettre des prix, à divertir en somme. Mais rarement récompensées pour leurs performances artistiques.»

Dans un communiqué, Cheryl Boon Isaacs, présidente de l’Académie des Oscars, elle-même afro-Américaine, a promis que «l’Académie allait prendre des mesures radicales pour modifier la composition de ses membres» pour l’heure composée de 94% de blancs et 70% d’hommes.

Beyoncé ou Kendrick Lamar ne cachent pas leur sympathie pour les «Black Lives Matter» (la vie des Noirs compte), un mouvement créé le 13 juillet 2013 par trois Afro-Américaines, suite au procès de George Zimmerman, ce vigile qui tua d’une balle le jeune Trayvon Martin, non armé. Il y a deux ans, «Black Lives Matter» n’était qu’un hashtag, aujourd’hui son influence est telle que ses militants entendent s’inviter dans les campagnes des primaires 2016.

«Nous veillerons à ce que les candidats présidentiels prennent en compte les besoins et les aspirations des Noirs. Nous adoptons un grand éventail de tactiques. Nous sommes un réseau décentralisé qui se donne pour but de construire le leadership et le pouvoir des Noirs. Nous ne soutenons aucun parti politique et aucun ne nous finance» peut-on lire sur leur site.

La Black Pride ne fait que commencer.

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